
Wakkanai en une journée : un itinéraire entre les caps Soya et Noshappu, aux paysages grandioses et féeriques
Wakkanai, à Hokkaido, est la ville la plus septentrionale du Japon.
Bordée par la mer d’Okhotsk à l’est et la mer du Japon à l’ouest, elle séduit avant tout par l’immensité de ses paysages.
Par beau temps, la silhouette de Sakhaline se dessine au-delà de la mer et, depuis les caps, le coucher de soleil emplit le regard, comme si le ciel et la mer se fondaient l’un dans l’autre.
Au cœur de cette nature où rien n’arrête le regard, la simple contemplation du paysage peut donner le sentiment de faire soi-même partie de la nature.
Cet article propose un itinéraire d’une journée pour découvrir pleinement les charmes de Wakkanai.
Deux caps où règne une véritable atmosphère de bout du monde, des parcs offrant les vastes panoramas caractéristiques de Hokkaido : les lieux mémorables ne manquent pas.
À la découverte de Wakkanai
Wakkanai est la ville la plus au nord de Hokkaido.
Malgré sa taille moyenne, avec environ 30 000 habitants, elle se distingue par une proximité étonnante entre les humains et la faune sauvage : il arrive de croiser des cerfs d’Ezo en ville ou le regard d’un renard roux de Hokkaido en montant sur une colline.
Selon les conditions météorologiques et les courants marins, des glaces dérivantes peuvent même atteindre le rivage, offrant une expérience de la nature à une échelle que l’on ne trouve pas à Honshu.

L’été à Wakkanai reste frais, avec une température moyenne d’environ 20 °C. Alors que, ces dernières années, on entend dire qu’« il fait chaud même à Hokkaido », la ville reste l’un des rares endroits où trouver une véritable fraîcheur estivale.
De juin à octobre en particulier, les paysages dégagés et sans neige permettent de profiter au mieux des vastes étendues qui caractérisent Wakkanai.
En hiver, la température moyenne se situe autour de −5 à −1 °C, ce qui n’est pas particulièrement bas à l’échelle de Hokkaido.
Mais impossible de parler de Wakkanai sans évoquer le vent.
Les journées de vent fort sont nombreuses tout au long de l’année.
Comme le vent fait baisser la température ressentie, il est indispensable de bien se protéger du froid.
Certains jours, le froid peut même être digne de l’hiver.

Comment se rendre à Wakkanai
En avion
L’aéroport de Wakkanai est desservi par des vols au départ de Tokyo, depuis l’aéroport de Haneda, et de Sapporo, depuis l’aéroport de Shin-Chitose.
Le vol dure environ 2 heures depuis Haneda et environ 1 heure depuis Shin-Chitose.
Accessible aussi bien depuis Hokkaido que depuis le reste du Japon, l’avion est une solution pratique pour réduire le temps de trajet.
Depuis l’aéroport de Wakkanai, il faut environ 30 minutes en navette aéroportuaire ou en taxi pour rejoindre la ville.
Il est ainsi possible de gagner le centre-ville ou son point de départ pour les visites rapidement après l’arrivée.
En train
Le train est également recommandé pour un voyage au fil des paysages du nord de Hokkaido.
En empruntant un train express, la gare JR de Wakkanai se rejoint en environ 5 heures depuis la gare JR de Sapporo et en environ 3 h 30 depuis celle d’Asahikawa.
Le trajet est long, mais les étendues sauvages et les cours d’eau qui défilent derrière la vitre donnent pleinement le sentiment de voyager.
En autocar
En autocar longue distance, le trajet entre le parvis de la gare de Sapporo et celui de la gare de Wakkanai prend environ 6 heures.
Malgré sa durée, ce mode de transport est prisé des habitants : il est moins coûteux que les autres solutions et propose aussi des départs de nuit.

Se déplacer à Wakkanai
Les sites sont éloignés les uns des autres et il est difficile de tous les découvrir uniquement en transports en commun. Le taxi ou la voiture de location sont donc recommandés.
Autour des collines de Soya et du Chemin blanc en particulier, la voiture permet de s’arrêter au gré des paysages.
Le trajet lui-même devient l’un des moments forts du voyage.

Des paysages grandioses ! Un itinéraire d’une journée entre les deux caps de Wakkanai
Voici un itinéraire d’une journée à travers Wakkanai pour profiter de panoramas aux dimensions grandioses.
La voiture de location est le meilleur moyen de découvrir efficacement les charmes de Wakkanai en une seule journée.
Rouler sur des routes où rien ne vient obstruer la vue est déjà une expérience privilégiée, propre à cette région.
Pour commencer le voyage, louer d’abord une voiture aux alentours de la gare de Wakkanai.
10 h 00 : cap sur Soya, à l’extrémité nord du Japon
Lors d’une visite à Wakkanai, le cap Soya, à l’extrémité nord du Japon, est une première étape incontournable.
Plusieurs monuments ponctuent le cap, dont celui du « point le plus septentrional du Japon » et une statue en pied de Mamiya Rinzo, explorateur de l’époque d’Edo qui découvrit que Sakhaline était une île.
Depuis le cap Soya, le regard embrasse le détroit de Soya qui semble s’étendre à l’infini.
Sakhaline se trouve à seulement 43 kilomètres et, par beau temps, les contours de l’île se dessinent nettement au-delà de la mer.
Face à cet horizon dégagé, avec le vent frais qui caresse la peau, impossible de ne pas ressentir que l’on se tient à la pointe nord du pays.
De l’autre côté de la route, au sommet d’un escalier, s’étend le parc du cap Soya.
Dans ce parc où se dressent paisiblement l’ancienne tour de guet de la marine, bien culturel matériel de la ville de Wakkanai, et des statues dédiées à la paix, un superbe point de vue s’ouvre sur le détroit de Soya.
Depuis ces hauteurs, l’immensité de la mer et du ciel se révèle sous un autre angle que depuis le cap.
En été, les arméries couvrent le parc de fleurs roses, et il arrive d’apercevoir des cerfs d’Ezo en train de brouter tout près.
Porté par le vent du grand nord, on aimerait oublier un instant le temps et savourer ce début de voyage.



11 h 00 : le Chemin blanc, l’un des plus beaux panoramas du nord de Hokkaido
En poursuivant au-delà du parc du cap Soya, on atteint le Chemin blanc, réputé pour offrir l’un des plus beaux paysages du nord de Hokkaido.
Ce chemin « blanc » s’étire sur environ 3 kilomètres à travers les collines de Soya.
Sa couleur provient des coquilles de Saint-Jacques, une spécialité de Soya, qui ont été concassées puis répandues sur le sol.
En descendant de voiture pour marcher, on découvre sous ses pas une curieuse sensation de souplesse, différente de celle du sable ou de la terre.
Ce Chemin blanc est né de la volonté de valoriser, dans une démarche de préservation de l’environnement, les coquilles de Saint-Jacques autrefois considérées comme des déchets industriels.
Devant les yeux se déploie le contraste entre le bleu profond de la mer, le blanc éclatant du chemin et le vert vif des pâturages.
Tout autour, les douces ondulations des collines de Soya se prolongent à perte de vue, à une échelle telle que l’on en oublierait un instant être au Japon.
Rester simplement debout, sentir le vent et contempler le paysage.
C’est un lieu où cela suffit à donner le sentiment que le déplacement en valait la peine.



12 h 00 : déjeuner au Teppen Shokudo, dans le marché Wakkanai Fukuko Ichiba
Après avoir admiré les vastes paysages de l’extrême nord, retour dans le centre de Wakkanai pour le déjeuner.
La ville offre un large choix, des chaînes de restauration aux petits restaurants indépendants, mais pour goûter à ce qui fait Wakkanai, le marché Wakkanai Fukuko Ichiba est une adresse à privilégier.

Le Teppen Shokudo, en particulier, est apprécié des touristes tout en étant fréquenté au quotidien par les habitants.
Sa carte propose des bols de riz aux produits de la mer, mais aussi des udon, des soba et divers menus complets : une adresse pratique pour tous.
Parmi les plats à goûter absolument figurent les bols de riz aux produits de la mer préparés par Uotsune, une enseigne gérée par une poissonnerie du marché Fukuko Ichiba.
Le plat phare, l’« Uotsune kaisendon », est généreusement garni de près de dix sortes de produits de la mer frais, dont des Saint-Jacques, du thon, du saumon et des œufs de poisson volant.
Pour une telle composition, le prix de 2 200 yens TTC (en avril 2026) est lui aussi assez séduisant pour qu’on le relise à deux fois.
Dégusté au milieu de l’animation du marché, ce bol n’a pas tout à fait la saveur d’un festin de site touristique : il incarne le quotidien même de Wakkanai.
Se mêler aux habitants pour profiter du début d’après-midi dans cette ville portuaire du nord est une expérience à tenter.



- Adresse
- 1-6-28 Minato, Wakkanai, Hokkaido (dans le marché Wakkanai Fukuko Ichiba)
- Horaires d’ouverture
- De 11 h 00 à 15 h 00 (dernière commande à 14 h 30)
- Jour de fermeture
- Mardi
- Cartes de crédit
- Acceptées
- Site officiel
- Site officiel
14 h 00 : le photogénique dôme du brise-lames nord du port de Wakkanai
Une fois rassasié, il est temps de reprendre la découverte des paysages.
La prochaine étape est le dôme du brise-lames nord du port de Wakkanai, l’un des ouvrages architecturaux emblématiques de la ville.
Ce brise-lames a été construit pour protéger le port et la voie ferrée des vents forts et des vagues violentes caractéristiques de Wakkanai.
En 2001, il a également été désigné patrimoine de Hokkaido.
Il se distingue par une galerie évoquant l’architecture de la Rome antique, avec une structure en demi-arche de 427 mètres de long et de 13,6 mètres de haut.
Ses 70 imposantes colonnes cylindriques, alignées avec régularité, forment un ensemble d’une telle beauté que l’on en oublierait un instant qu’il s’agit du brise-lames d’une ville portuaire.
Les brise-lames en demi-arche sont rares à l’échelle mondiale et, grâce à son décor singulier, celui-ci a servi à de nombreux tournages de films et de publicités.
Son aspect change selon la lumière et l’endroit où l’on marche, donnant naturellement envie de multiplier les photos.
Autrefois, la gare de Wakkanai Sanbashi se trouvait ici et, au-delà de cette galerie, une liaison maritime menait à Karafuto.
On raconte que les voyageurs traversaient ce dôme pour rejoindre le port, avant de partir de l’autre côté de la mer.
Marcher dans la galerie en songeant à cette époque fait naître une douce rêverie.
Admirer la beauté de l’architecture ou chercher le cadrage idéal : chacun peut y trouver son plaisir.
Une occasion de garder un souvenir de Wakkanai à sa manière.



15 h 00 : le parc de Wakkanai, avec vue sur la ville et la mer
Établi sur les collines qui dominent le centre-ville, le parc de Wakkanai s’étend sur quelque 45 hectares et offre l’un des plus beaux points de vue de la ville.
En remontant la pente qui mène aux hauteurs, le vent caresse les joues tandis qu’apparaît un vaste panorama sur la mer d’un bleu intense et les rues de Wakkanai.
Le parc est ponctué de monuments qui témoignent de l’histoire locale, comme la Porte de glace et de neige et la tour commémorative du centenaire de la fondation de la ville.
On peut s’y promener tranquillement en admirant les paysages et en évoquant le passé de Wakkanai, autrefois prospère en tant que porte d’entrée septentrionale du Japon.
Le parc de Wakkanai a également été inscrit en 2018 au « Patrimoine des paysages nocturnes du Japon ».
À mesure que le soleil se couche, les lumières du port et de la ville apparaissent peu à peu, composant une atmosphère féerique, très différente de celle du jour.
Ce paysage nocturne, comme parsemé de joyaux, offre une beauté à la hauteur d’une fin de voyage.
Le parc dispose aussi d’un espace de repos gratuit, un atout appréciable pour faire une pause tout en contemplant la vue.
Penser à l’histoire des lieux et savourer un paysage qui se transforme d’instant en instant.
C’est l’un des endroits où s’arrêter absolument lors d’un séjour à Wakkanai.



16 h 00 : un crépuscule féerique au cap Noshappu
L’autre cap de Wakkanai, le cap Noshappu, se situe dans la partie ouest de la ville.
Le nom « Noshappu » signifierait « près du cap » en langue aïnoue.
Depuis cette pointe qui s’avance dans la mer, la vue s’ouvre largement sur la mer du Japon.
Le crépuscule est un moment à privilégier pour découvrir le cap Noshappu.
Par beau temps, le soleil descend vers l’horizon de la mer du Japon, teintant le ciel et la mer d’un orange flamboyant.
L’instant où la belle silhouette du Rishiri Fuji s’y dessine nettement est d’une beauté à couper le souffle.
Le voyage ne s’achève pas une fois le soleil couché.
Les couleurs du ciel s’intensifient peu à peu et, à mesure que les silhouettes se raréfient, le calme gagne lentement le cap.
À contempler le ciel et la mer qui changent d’aspect à chaque instant, on a le sentiment que le temps lui-même ralentit.
L’heure du coucher du soleil varie toutefois fortement selon la saison : entre 19 h et 20 h en été, et entre 15 h et 16 h en hiver. Mieux vaut donc la vérifier à l’avance.



17 h 00 : terminer le voyage au parking Yuhigaoka
S’il reste un peu de temps avant la tombée du jour, le parking Yuhigaoka est une halte à privilégier pour terminer le voyage.
Moins fréquenté que le cap Noshappu, réputé pour ses couchers de soleil, il est recommandé à ceux qui souhaitent passer la fin d’après-midi au calme.
De là, on aperçoit les îles de Rishiri et de Rebun, ainsi que les quartiers qui s’étendent en contrebas, le long de la mer.
Les phares des voitures sur la route côtière, les troupeaux de cerfs d’Ezo dans les prairies, les baraquements de pêcheurs et les maisons éparses.
Ce qui se dévoile ici n’est pas le Wakkanai touristique, mais celui où se déroule la vie de tous les jours.
Le panorama n’a peut-être rien d’éclatant.
Pourtant, le paysage observé depuis ce lieu porte nettement l’empreinte de la ville de Wakkanai.
Prendre un moment pour songer au rythme de vie propre à cette région, que les seuls sites touristiques ne permettent pas de saisir, laisse une impression durable qui sied à la fin du voyage.
Sur la route entre le cap Noshappu et le parking Yuhigaoka, il est fréquent de croiser des troupeaux de cerfs d’Ezo.
Rouler doucement, à vitesse modérée, permet de savourer jusqu’au bout ce voyage dans le nord.


- Adresse
- 4-chome Nishihama, Wakkanai, Hokkaido
- Période de fermeture
- Fermé en hiver (environ de novembre à avril)
- Site officiel
- Site officiel
Questions fréquentes sur Wakkanai
Q
Quelle est la meilleure période pour suivre cet itinéraire ?
Il est recommandé de venir entre juin et octobre, car certaines zones sont fermées à la circulation en hiver.
Q
Peut-on faire les visites uniquement en transports en commun ?
Oui. Toutefois, les distances entre les sites sont importantes et les départs peu nombreux, ce qui rend difficile un circuit efficace. Le taxi ou la voiture de location offrent davantage de liberté et permettent de profiter pleinement de paysages spectaculaires comme ceux des collines de Soya et du Chemin blanc.
Q
Y a-t-il des précautions à prendre concernant les vêtements ou les affaires à emporter ?
Le vent souffle fort toute l’année à Wakkanai et peut faire baisser la température ressentie, même en été. Prévoir une veste à enfiler est donc prudent. Par ailleurs, les caps et les collines offrent peu d’abris contre le soleil : un chapeau et une protection solaire permettent d’en profiter plus confortablement.
Pour conclure
Se tenir à l’extrémité nord du Japon au cap Soya, puis découvrir l’immensité des collines de Soya depuis le Chemin blanc.
Savourer les spécialités locales au marché Wakkanai Fukuko Ichiba, puis découvrir l’histoire et les paysages de la ville au dôme du brise-lames nord et au parc de Wakkanai.
Enfin, le crépuscule au cap Noshappu et au parking Yuhigaoka marque le point culminant de ce voyage.
Le ciel et la mer, dont les couleurs changent d’instant en instant, laissent une impression si profonde qu’on en oublie que le voyage n’a duré qu’une journée.
Cet itinéraire permet de découvrir efficacement les panoramas emblématiques de Wakkanai tout en savourant, au fil d’une journée, les différents visages de la ville.
Parcourir à son rythme ces vastes étendues fait aussi partie des grands plaisirs d’un voyage à Wakkanai.
Une invitation à suivre cet itinéraire d’une journée à la recherche de paysages que seule Wakkanai peut offrir.
Auteur
Photographe-rédactrice
Saori Kokubun
Photographe-rédactrice parcourant les petites villes rurales du Japon
