En quittant les rues animées autour de la gare de Harajuku, il suffit de tourner au coin de la rue et d’entrer dans Meiji-jingū pour avoir l’impression que le monde entier passe soudainement en mode silencieux ! La circulation et le brouhaha de la ville restent instantanément derrière soi, remplacés par une végétation dense qui cache le ciel et par le crissement des pas sur le chemin de gravier. L’air est rempli d’odeurs d’herbe et de bois qui donnent envie de respirer profondément, et tout le corps se détend complètement.
La première chose qui impressionne, c’est l’immense torii dressé sur l’allée menant au sanctuaire ! Entièrement construit avec d’énormes troncs massifs, il dégage, lorsqu’on lève les yeux depuis sa base, une puissance monumentale absolument écrasante. La partie supérieure des piliers est ornée du chrysanthème doré à seize pétales de la famille impériale japonaise, qui brille au milieu de la forêt verdoyante et lui donne une apparence encore plus solennelle et mystérieuse. Rien qu’en prenant une photo dessous, on paraît minuscule et on ressent aussitôt l’aura extraordinaire de l’entrée du domaine sacré.
En avançant tranquillement sur la large allée de gravier, l’élément le plus spectaculaire au bord du chemin, devant lequel tout le monde s’arrête forcément pour mitrailler de photos, est sans aucun doute l’impressionnant mur de tonneaux de saké offerts au sanctuaire ! Des centaines de tonneaux japonais entourés de cordes de paille et décorés de magnifiques calligraphies et motifs portant des noms comme « Sakura Masamune », « Ozeki » ou « Umenoyado » sont parfaitement empilés sur plusieurs niveaux pour former un immense mur. Son atmosphère de fête traditionnelle japonaise est incroyablement photogénique : il suffit de se placer légèrement de biais pour jouer avec la perspective, et chaque photo devient un superbe cliché incontournable !
Après avoir traversé l’allée et atteint la porte principale du sanctuaire, la « Minami-shinmon », on ne peut qu’admirer la majesté de cette porte en bois à double toiture ! Sa structure en bois sombre, ses avant-toits relevés et ses consoles à l’allure sobre et imposante lui donnent une présence extrêmement solennelle sous le ciel bleu et les nuages blancs. Une fois le seuil franchi, on découvre une vaste cour intérieure d’une grande pureté. Au centre se trouve le sanctuaire principal consacré à l’empereur Meiji et à l’impératrice Shōken, tandis qu’à côté se dressent les immenses « camphriers du couple », verdoyants symboles d’une union heureuse. Joindre les mains, applaudir et prier dans la brise fraîche, puis tirer un « Ōmikokoro » propre à Meiji-jingū, un poème divinatoire sans distinction entre bonne et mauvaise fortune et porteur d’une réflexion sur la vie, donne l’impression que l’âme entière a été doucement purifiée.
Cette forêt artificielle cachée au cœur du quartier le plus branché de Tokyo est non seulement immense et couverte d’arbres, mais elle associe aussi à la perfection la solennité du shintoïsme traditionnel japonais au pouvoir apaisant de la nature. Que l’on souhaite fuir la jungle de béton pour prendre un bain de forêt ou admirer de ses propres yeux l’immense torii en bois et l’imposant mur de tonneaux de saké, Meiji-jingū est assurément un lieu sacré exceptionnel qui continue d’émerveiller à chaque visite à Tokyo, quel que soit le nombre de fois où l’on y revient !