Guide complet pour découvrir le washi, un papier japonais de renommée mondiale à transmettre aux générations futures

Guide complet pour découvrir le washi, un papier japonais de renommée mondiale à transmettre aux générations futures

Dernière mise à jour :
Rédigé par :  Motomura Sayaka
Supervisé par :  Kurauchi Co., Ltd.

Le washi est un papier qui dégage une certaine chaleur.
Son utilisation au quotidien, notamment pour les cartes de vœux du Nouvel An et les lettres, a presque entièrement disparu.
Face à ce désintérêt pour le washi, le gouvernement japonais a estimé que sa pérennité était menacée, ce qui a conduit à son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Il est impensable de laisser disparaître ce papier propre au Japon.
Des établissements proposant des ateliers ont ainsi vu le jour afin de faire découvrir au plus grand nombre la chaleur, les qualités et les nombreux attraits du washi.
Cet article présente les charmes de ce papier fabriqué selon des techniques japonaises traditionnelles.

Introduction

En 2014, les techniques japonaises de fabrication manuelle du papier washi ont été inscrites au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO sous le nom « Washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel japonais ».
Le tesuki washi désigne le washi fabriqué entièrement à la main. Le terme washi, qui s’oppose à yōshi, le papier occidental, est employé depuis l’introduction au Japon de papiers étrangers.
Trois types de washi sont inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO : le Sekishū-banshi de Hamamatsu, dans la préfecture de Shimane, le Hon-minoshi de Mino, dans la préfecture de Gifu, et le Hosokawa-shi d’Ogawa et du village de Higashichichibu, dans la préfecture de Saitama.
Il existe environ 70 régions productrices de washi à travers le pays, de Hokkaidō à Okinawa, mais Echizen, dans la préfecture de Fukui, compte aujourd’hui parmi les plus importantes. L’Okamoto-jinja, l’un des deux sanctuaires de l’ensemble Okamoto-jinja et Ōtaki-jinja d’Echizen, consacré aux divinités fondatrices du papier, abrite Kawakami Gozen, une rare divinité japonaise du papier. Selon une légende encore transmise aujourd’hui, Kawakami Gozen serait venue enseigner la fabrication du papier aux habitants du village il y a environ 1 500 ans.

Washi inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO
Washi inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO

Ces papiers washi sont exclusivement fabriqués à partir d’une plante cultivée au Japon, le kōzo, selon la technique japonaise traditionnelle du nagashizuki.
Soigneusement façonnée feuille par feuille par un artisan, chaque pièce acquiert une personnalité propre à son créateur, impossible à reproduire par une production mécanique de masse.
Le processus de fabrication varie également légèrement selon la région et l’artisan. Les longues fibres du kōzo s’entremêlent de manière complexe dans le papier achevé, ce qui le rend très résistant. Les matières premières étant des fibres naturelles et aucun produit chimique n’étant utilisé lors de la fabrication, le papier se conserve également très bien.
En revanche, sa fabrication artisanale nécessite des matières premières trois fois plus coûteuses que celles du papier occidental ainsi qu’une importante main-d’œuvre, ce qui tend à en augmenter le prix. À l’ère du numérique, la consommation de papier diminue parallèlement.
Il y a 150 ans, le Japon comptait 68 000 producteurs de washi, contre moins de 300 aujourd’hui. Cette diminution considérable crée une situation critique, car le savoir-faire traditionnel pourrait disparaître. L’une des principales raisons de ce déclin est la raréfaction, au fil du temps, des maisons japonaises traditionnelles dotées de pièces de style japonais avec des fusuma et des shōji, qui constituaient des usages emblématiques du washi.

Pièce japonaise traditionnelle et shōji
Pièce japonaise traditionnelle et shōji

Qu’est-ce que le washi ?

Différences entre le washi et le papier occidental

Le washi désigne le papier fabriqué au Japon depuis l’Antiquité.
Depuis l’ère Meiji, le papier produit au Japon selon des méthodes traditionnelles est appelé washi, par opposition au yōshi, le papier occidental dont les techniques de fabrication ont été introduites depuis l’Europe et les États-Unis notamment.
Aujourd’hui, les papiers japonais sont répartis entre ces deux catégories : le washi et le papier occidental. Le washi est fabriqué à partir de l’écorce de plantes telles que le kōzo, le mitsumata et le gampi. Ces matières premières sont utilisées pour former les feuilles de papier.
Selon la méthode traditionnelle, le papier était principalement fabriqué feuille par feuille à la main, selon le procédé du tesuki. La fabrication mécanique, ou kikaizuki, a commencé dans les années 1900. Le tesuki consiste à façonner chaque feuille selon la technique du nagashizuki à l’aide d’un outil appelé su. Les fibres s’entremêlent de manière complexe pour donner un papier de grande qualité, solide et souple.
Sa fabrication artisanale limite toutefois ses dimensions, prend du temps, entraîne un prix élevé et peut provoquer des variations de qualité. Le papier fabriqué mécaniquement est produit sur un tapis roulant, puis enroulé en bobines. Comme les fibres tendent à s’orienter dans le sens de déplacement du tapis, le papier est résistant dans le sens longitudinal, mais plus fragile dans le sens transversal. Cette méthode permet une production de masse de qualité uniforme, à faible coût.
Le papier occidental, quant à lui, est principalement fabriqué mécaniquement à partir de bois. La première usine de papier occidental du Japon a ouvert au début de l’ère Meiji. Les progrès techniques ont ensuite permis de le produire en grande quantité et de commercialiser du papier bon marché.

Histoire du washi

Selon une théorie, la culture de la fabrication du papier serait arrivée au Japon à l’époque d’Asuka.
Le Nihon Shoki rapporte qu’en 610, un moine venu du royaume de Goguryeo fabriqua du papier selon la technique du tamezuki, qui donne un papier épais, ainsi que de l’encre. Certaines théories affirment toutefois que le Japon disposait déjà auparavant d’un savoir-faire papetier. La copie des sutras se répandit ensuite, entraînant une hausse de la production du papier qui lui était destiné.
À l’époque de Nara, la production augmenta pour répondre aux besoins des documents administratifs officiels, notamment les registres familiaux, mais le papier demeurait vraisemblablement précieux. À l’époque de Heian, il se répandit surtout au sein de l’aristocratie, qui l’utilisait pour écrire des poèmes. La technique du nagashizuki, permettant de produire du papier fin, fut alors mise au point.
Aux époques de Kamakura et de Muromachi, les guerriers commencèrent à utiliser le papier et sa fabrication se développa dans l’ensemble du pays. Le papier commença également à être offert en cadeau. À l’époque d’Edo, il se répandit parmi les gens du peuple et entra dans la vie quotidienne sous la forme de hanshi, de papier pour shōji et de papier fin à usage courant. Sa production augmenta alors considérablement.
Les journaux apparurent à la fin de l’époque d’Edo. Au début de l’ère Meiji, les billets de banque et les manuels scolaires étaient fabriqués en washi, et le washi produit mécaniquement fit son apparition. Cependant, avec l’arrivée du papier occidental en provenance d’Europe et des États-Unis, celui-ci remplaça progressivement le washi dans la consommation intérieure japonaise.

Matières premières du washi

Les plantes généralement utilisées pour fabriquer le washi sont le kōzo, le mitsumata et le gampi, présents au Japon depuis longtemps. C’est leur écorce interne, située sous l’écorce extérieure, qui est employée. Outre ces trois plantes, de la pâte à papier issue du bois, du bambou ou de l’ananas est également utilisée dans certains cas.

Kōzo

Le kōzo pousse au Japon, dans la péninsule coréenne ainsi que dans le centre et le sud de la Chine. C’est un arbuste caduc de la famille des Moracées. Ses fibres se caractérisent par leur épaisseur, leur longueur et leur solidité. Du kōzo provenant de l’étranger, notamment de Thaïlande, est également importé.
Il sert à fabriquer du papier pour la calligraphie, du papier pour shōji et des papiers d’artisanat populaire. Seule son écorce étant utilisée pour produire le washi, environ 4 % de la plante entière serait en réalité exploité.

Branche de kōzo
Branche de kōzo

Mitsumata

Le mitsumata pousse dans le centre et le sud de la Chine ainsi que dans l’Himalaya. C’est un arbuste vivace caduc de la famille des Thyméléacées. Son nom vient de ses branches qui se divisent en trois. Ses fibres sont fines, courtes et brillantes.
Comme il donne une finition plus lisse que le washi fabriqué à partir de kōzo, il convient aux impressions de précision. Il est notamment utilisé pour le papier des billets de banque, le papier japonais de haute qualité, les titres financiers et les papiers isolants.

Mitsumata
Mitsumata

Gampi

Le gampi est un arbuste caduc de la famille des Thyméléacées. Ses fibres sont fines et courtes, et permettent de produire un washi doté d’un bel éclat.
Il est utilisé pour le papier destiné à la copie des sutras, aux stencils de duplicateurs et à la conservation de documents.

Gampi
Gampi

S’initier à la fabrication du washi

Atelier de fabrication du papier à Kyoto

Un établissement de Kyoto propose de s’initier à la fabrication du washi. Il se trouve à 9 minutes à pied de la gare Hankyu Karasuma.
Il s’agit de Kami TO Wa, dans l’arrondissement de Nakagyō à Kyoto.

Extérieur de Kami TO Wa
Extérieur de Kami TO Wa

En entrant dans cette boutique aménagée dans une machiya de Kyoto rénovée, le regard se porte immédiatement sur les nombreux articles en washi et carnets de goshuin alignés.
Parmi les articles en washi figurent des cartes postales en papier artisanal, des blocs de papier à lettres, de petites enveloppes pour offrir de l’argent et du ruban adhésif en washi.
De nombreux objets semblent tout indiqués comme souvenirs.

Articles en washi
Articles en washi

Les carnets de goshuin vendus ici sont par ailleurs entièrement fabriqués en washi, pages intérieures et couverture comprises.

Carnets de goshuin
Carnets de goshuin

Sur certains modèles, les motifs en washi diffèrent même entre la première et la quatrième de couverture.
Grues du Japon, lapins des neiges, maneki-neko et autres animaux, fleurs de cerisier ou motifs japonais porte-bonheur : le choix est si vaste qu’il est difficile de se décider. L’achat de ces articles en washi est déjà une expérience agréable, mais l’établissement propose une activité encore plus particulière. Elle consiste à fabriquer une feuille de papier au format B4 à partir des matières premières du washi, puis à la transformer en cartes postales, en abat-jour, en tapisserie ou encore en carnet de goshuin.

Touristes participant à l’atelier
Touristes participant à l’atelier

L’atelier de découverte du washi Kami TO Wa a été lancé en 2017 par Kurauchi Co., Ltd., un grossiste en papier fondé à Higashiōsaka, dans la préfecture d’Osaka, en 1932, qui vend du washi, organise des activités autour de ce papier et conçoit, fabrique et commercialise des produits en papier.
À l’origine du projet se trouvait le souhait de faire connaître largement les attraits du papier, alors que la numérisation accélérait son déclin. M. et Mme Hayashi, qui tiennent la boutique, enseignent avec soin la méthode de fabrication du papier. Avant de lancer leurs ateliers, ils auraient visité de nombreuses régions papetières du Japon, notamment Echizen, Tokushima et Kōchi.
L’atelier dure environ 1 heure. La création achevée peut être emportée et constitue un souvenir particulièrement mémorable. Quatre séances sont organisées par jour, avec un maximum de six participants chacune, ce qui permet de profiter tranquillement de l’activité tout en bénéficiant d’un accompagnement attentif.
L’atelier est proposé en japonais, mais aussi en anglais. Il est très apprécié des visiteurs originaires des États-Unis, d’Australie et d’Europe, ainsi que de Taïwan et de Chine. Environ 80 % des participants seraient des touristes étrangers. Il est possible d’y participer seul, en couple, en famille ou entre amis afin de découvrir la fabrication du washi, une tradition culturelle japonaise.
L’activité est accessible à tous, des enfants aux personnes âgées.

Informations sur l’établissement

Code postal
604-8205
Adresse
345 Sanjō-chō, Shinmachi-dōri Rokkaku-agaru, Nakagyō-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto
Téléphone
075-756-4723
Jour de fermeture
Fermeture certains dimanches
Jours des ateliers
Vendredi, samedi, lundi et mardi, de 10 h 30 à 17 h 00, priorité aux réservations
Cette activité étant très populaire, il est recommandé de réserver à l’avance.
Tarifs
De 3 500 à 5 000 yens
Contenu
4 cartes postales, obtenues en découpant une feuille B4 en quatre
Set de table au format B4
Abat-jour au format B4
Attention : utiliser une source lumineuse sûre, comme une lampe LED.
Tapisserie, réalisée en ajoutant du bois et une ficelle à une feuille B4 pour la suspendre au mur : supplément de 550 yens pour le matériel
Andon, réalisé en fixant quatre cartes postales sur une structure en bois : supplément de 980 yens pour le matériel
Fabrication d’un carnet de goshuin avec le papier produit : supplément de 3 000 yens pour le matériel et le cours
Accès
À 9 minutes à pied de la sortie 24 de la gare Karasuma sur la ligne Hankyu Kyoto ou de la station Shijō sur la ligne Karasuma du métro municipal de Kyoto
Il n’y a pas de parking. Il est recommandé de venir en transports en commun.
Site officiel
Site officiel

Accueil et explications

Une fois l’inscription à l’atelier terminée, une brève explication de la méthode de fabrication du papier est donnée.
La plante appelée kōzo constitue tout d’abord une matière première indispensable à la fabrication du washi.
Le washi est produit à partir de l’écorce du kōzo. Une branche de cette plante est présentée aux participants.

Branche de kōzo
Branche de kōzo

Elle donne l’impression d’être longue et étonnamment fine. L’écorce du kōzo est cuite à la vapeur pendant environ 3 heures afin de faciliter son retrait. Après avoir été soigneusement retirée à la main, branche par branche, elle est séchée. Elle est ensuite cuite pendant environ 3 heures supplémentaires, puis lavée et battue pour séparer les fibres.

Écorce de kōzo
Écorce de kōzo

Dans la cuve, les fibres ainsi battues sont soigneusement mélangées à de l’eau et à un liquide visqueux appelé neri.

Fibres séparées
Fibres séparées

Le neri joue un rôle discret, mais essentiel dans la fabrication du washi. Il s’agit d’un mucilage visqueux extrait des racines d’une plante appelée tororoaoi. Son ajout ralentit le passage de l’eau à travers le tamis et permet de répartir uniformément les fibres. Le papier devient ainsi plus facile à former et sa finition est plus soignée.

Intérieur de la cuve contenant un mélange homogène de kōzo, d’eau et de neri
Intérieur de la cuve contenant un mélange homogène de kōzo, d’eau et de neri

Après une brève explication du déroulement de la fabrication, la mise en pratique peut commencer.

S’initier à la fabrication du papier

1. Un cadre en bois appelé sukiwaku est introduit verticalement dans la cuve, perpendiculairement à la surface de l’eau.
Plonger les mains dans cette eau tiède et visqueuse procure une sensation étrange. On y perçoit de douces fibres légères.

Fabrication du papier
Fabrication du papier

Après avoir plongé le cadre en bois dans la cuve, il faut le tirer vers soi et le relever pour recueillir le mélange. L’eau étant visqueuse, le cadre est étonnamment lourd. L’essentiel est de le maintenir fermement afin qu’il ne se décale pas pendant cette opération.
Une fois le mélange recueilli, le cadre est agité deux fois dans le sens longitudinal, puis deux fois dans le sens transversal afin de répartir uniformément la matière première. Ces mouvements permettent aux fibres de s’entremêler. Il faut donc les effectuer lentement, sans se précipiter. L’opération est ensuite répétée une fois. Le poids de l’eau étant encore plus important la deuxième fois, il faut veiller à ce que le cadre ne se décale pas.
M. Hayashi apporte son aide et ses conseils, il n’y a donc aucun problème en cas d’erreur.

2. Une fois la feuille formée, elle est librement décorée avec des fleurs pressées.
Outre des fleurs multicolores comme des fleurs de cerisier et des pissenlits, des feuilles sont également proposées.

Diverses sortes de fleurs pressées
Diverses sortes de fleurs pressées

La visite ayant eu lieu en automne, des feuilles mortes et des feuilles d’érable étaient disponibles.
La sélection de fleurs pressées varierait légèrement selon la saison. Elles permettent de ressentir toute la richesse des quatre saisons japonaises. Il est possible de toutes les utiliser ou de ne choisir que ses préférées.
Il faut toutefois garder à l’esprit que la feuille produite sera ensuite coupée en quatre dans le sens de la longueur et de la largeur. Aucune fleur pressée ne doit donc être placée sur les futures lignes de découpe.

Disposition des fleurs pressées en tenant compte de la découpe en quatre
Disposition des fleurs pressées en tenant compte de la découpe en quatre

Les fleurs pressées sont disposées à la pince, en réfléchissant à l’équilibre entre les plantes et au choix d’une composition sobre ou plus exubérante.
Une fois la décoration terminée, il est également possible d’ajouter de la poudre d’or à l’aide d’un pinceau.

Après la décoration
Après la décoration

Appliquée sur une feuille rougie, la poudre d’or scintille et crée un joli accent. Il est bien sûr tout à fait possible de ne pas en utiliser. Chacun peut concevoir librement son propre motif.

Application de la poudre d’or
Application de la poudre d’or

La feuille est ensuite recouverte d’un papier appelé tengujōshi, puis délicatement brossée du centre vers l’extérieur afin d’en chasser l’air.

Évacuation de l’air avec une brosse
Évacuation de l’air avec une brosse

3. Vient enfin l’étape de finition. La feuille est recouverte d’un textile non tissé, puis placée dans une machine d’essorage.

Essorage
Essorage

Après l’essorage, le washi est appliqué sur un séchoir plat afin d’être séché.
Il suffit alors d’attendre environ 10 minutes. Pendant le séchage, une vidéo présente les différentes étapes de fabrication du washi.

Séchage sur un séchoir plat
Séchage sur un séchoir plat

4. Lorsque le washi est entièrement sec, il est découpé en quatre. La feuille est pliée une fois dans le sens de la longueur et une fois dans le sens de la largeur, puis de l’eau est appliquée au pinceau sur les plis.
Une fois bien humidifié, le papier peut être déchiré le long de ces plis.
Sur les bords ainsi obtenus, de petites fibres dépassent, rappelant concrètement que le papier est constitué de fibres.

Bord de coupe laissant apparaître les fibres
Bord de coupe laissant apparaître les fibres

Une pièce de washi entièrement originale est ainsi créée.

Washi découpé en quatre
Washi découpé en quatre

Il est aussi possible d’y inscrire son nom au pinceau, en japonais ou en katakana.
M. Hayashi peut bien sûr expliquer comment procéder. Le washi achevé peut être emporté en souvenir et placé dans un cadre au format carte postale pour décorer une pièce. Il est également possible de se rendre dans un bureau de poste voisin et de l’envoyer tel quel depuis le Japon, sous forme de carte postale, à des amis dans son pays.

Découvrir les étapes de fabrication du washi

Après l’atelier de fabrication du papier, le séchage du washi prend environ 10 minutes.
Pendant ce temps, une vidéo permet de découvrir toutes les étapes de sa fabrication.
Elle présente la production hivernale du washi à Gokayama, dans la préfecture de Toyama, l’une des principales régions productrices. Le washi y est fabriqué depuis plus de 600 ans. Solide et souple, il était utilisé pour la plupart des objets de la vie quotidienne. La vidéo permet également d’apprendre que presque tous les foyers de cette région fabriquaient du papier jusque vers 1955 et de découvrir ainsi l’histoire du washi.
Elle montre aussi les très nombreuses étapes et le temps considérable nécessaires à la fabrication d’une seule feuille. Le washi n’apparaît dès lors plus comme un simple papier, et donne envie de l’utiliser avec soin.

Créer divers objets avec le washi fabriqué

Le washi obtenu peut également être transformé en tapisserie, en abat-jour, ce qui demande 15 minutes supplémentaires, ou en carnet de goshuin, ce qui demande 45 minutes supplémentaires.

Abat-jour et tapisseries
Abat-jour et tapisseries

Ces options nécessitant davantage de temps, il est recommandé d’indiquer à l’avance, au moment de la réservation, l’objet que l’on souhaite fabriquer.

Carnet de goshuin en washi
Carnet de goshuin en washi

Fabriquer aussi un carnet de goshuin avec du washi artisanal

Il est également possible de fabriquer un carnet de goshuin avec du washi coloré réalisé par des artisans, semblable à celui vendu dans l’établissement.
Environ 100 motifs de washi sont proposés. Il s’agit de papier yūzen, teint au pochoir feuille par feuille par des artisans.

Fabrication d’un carnet de goshuin en papier yūzen
Fabrication d’un carnet de goshuin en papier yūzen

Cet atelier, qui permet de fabriquer facilement un carnet de goshuin artisanal en environ 45 minutes, serait lui aussi très populaire. La partie intérieure en papier hōsho plié en accordéon étant déjà achevée par un artisan, il suffit de coller le washi choisi sur les cartons de la première et de la quatrième de couverture, puis d’y fixer le papier hōsho.
Le carnet achevé peut être emporté immédiatement. Il est donc possible de faire inscrire sans attendre un goshuin dans un sanctuaire shinto ou un temple bouddhiste voisin. Kyoto compte de nombreux sanctuaires et temples, et certains goshuin récents arborent des motifs particulièrement colorés et élaborés. Parcourir ces lieux avec un carnet de goshuin fait main pour y recueillir leurs sceaux peut certainement enrichir les souvenirs du Japon.

Aperçu de l’atelier de fabrication d’un carnet de goshuin

Tarif
3 200 yens
Durée
45 minutes

Les étapes de fabrication du washi

Il est possible de s’initier à la fabrication du papier, mais quelles étapes les véritables artisans suivent-ils jusqu’à l’achèvement du washi ? Depuis longtemps, la fabrication du washi constituait l’une des activités hivernales des agriculteurs. Sa saison de production maximale est donc l’hiver.

1. Récolte du kōzo et des autres matières premières

La récolte a lieu vers la mi-novembre. Les matières premières récoltées sont taillées à environ 120 cm, une longueur adaptée à leur cuisson à la vapeur dans un chaudron. Les tiges coupées sont rassemblées en fagots et fermement attachées à l’aide de lianes.

2. Cuisson du kōzo à la vapeur

Le kōzo est placé dans un grand chaudron et cuit à la vapeur pendant environ 3 heures. Il dégage alors un parfum sucré caractéristique. Dès la fin de la cuisson, une grande quantité d’eau est versée dessus. L’écorce se contracte ainsi et devient plus facile à détacher du tronc.

3. Écorçage

Comme le kōzo cuit à la vapeur devient plus difficile à écorcer une fois refroidi, l’écorce de chaque tige est retirée à la main pendant qu’elle est encore chaude.
Elle se détacherait assez facilement lorsqu’elle est tirée vers le bas.

4. Séchage de l’écorce

L’écorce est séchée au soleil dans un endroit bien exposé et bien aéré, jusqu’à ce qu’elle soit entièrement sèche.

5. Raclage de l’écorce extérieure

L’écorce extérieure et la fine couche située juste en dessous sont raclées à l’aide d’un petit outil tranchant spécialement conçu à cet effet.
La présence de résidus d’écorce empêcherait d’obtenir un washi de qualité, cette opération est donc effectuée avec minutie.

6. Blanchiment du kōzo sur la neige

Le kōzo est exposé au soleil pendant environ 2 semaines dans un endroit bien ensoleillé et bien aéré.
Il faut veiller attentivement à éviter la formation de moisissures. La lumière du soleil décolore progressivement les pigments et blanchit le kōzo. Son traitement proprement dit s’achève à cette étape.

7. Cuisson du kōzo

Le processus de fabrication du washi commence alors. Le kōzo utilisé comme matière première est mis à cuire.
Il est placé dans un grand chaudron et cuit pendant environ 2 à 3 heures avec de la lessive de cendres ou du carbonate de sodium.
Cette opération l’assouplit et facilite le retrait des impuretés attachées aux fibres.

8. Élimination de la lessive, lavage et retrait des impuretés

Le kōzo est plongé dans de l’eau de puits, puis chaque impureté est retirée à la main tout en recherchant soigneusement les nœuds et les défauts du bois. Cette opération est répétée deux à trois fois afin d’éliminer complètement les impuretés.
Ce travail est très exigeant, mais il est impossible d’obtenir un beau washi si les impuretés ne sont pas soigneusement retirées à ce stade.

9. Battage

Les fibres sont battues à plusieurs reprises avec un bâton en bois afin de les séparer finement.

10. Désagrégation

Les fibres sont dispersées.

11. Brassage et dispersion

Les fibres assouplies et l’eau sont versées dans une cuve, puis brassées. Le mélange est effectué à l’aide d’un outil semblable à un grand peigne, appelé maguwa. Cette étape exige beaucoup de soin, car si l’eau et les fibres ne sont pas parfaitement mélangées, la feuille obtenue présentera des irrégularités. Une fois le mélange homogène, du neri fabriqué à partir de tororoaoi est ajouté, puis incorporé avec un bâton en effectuant des mouvements tranchants.

12. Formation des feuilles

La pâte à papier contenue dans la cuve est recueillie à l’aide d’un sugeta, qui est déplacé d’avant en arrière et latéralement afin d’entremêler les fibres. Cette opération est répétée plusieurs fois.

13. Essorage

Les feuilles sont essorées jusqu’à ce que leur teneur en eau atteigne environ 60 %, puis empilées.

14. Séparation des feuilles

Les feuilles empilées sont séparées une par une.

15. Fixation des feuilles sur une plaque et séchage

Les feuilles sont appliquées sur une plaque chauffée en fer ou en acier inoxydable afin d’être séchées.
Une fois en place, elles sont brossées du centre vers l’extérieur pour en chasser l’air.
Cette opération permet également d’éliminer les plis. Le séchage s’achève en quelques minutes.

Le processus de fabrication du washi varie selon les régions et les artisans, mais certaines régions suivent les étapes présentées ici.
Ce grand nombre d’étapes est-il surprenant ? Il montre combien la fabrication du washi demande de temps et d’efforts.
Compte tenu de tout ce travail, le prix élevé d’une seule feuille devient compréhensible.

Profiter du washi

À l’origine, le washi servait principalement de support d’écriture. Cependant, la coutume d’écrire au pinceau des cartes de vœux du Nouvel An ou des lettres sur du washi s’est raréfiée ces dernières années. Son usage se limite peut-être désormais essentiellement à la calligraphie.
Dans la vie quotidienne actuelle, les occasions d’entrer en contact avec le washi sont peu nombreuses. Pourtant, écrire un texte à la main sur du washi est très différent d’une lettre créée sur ordinateur ou d’un message électronique : on a l’impression que des sentiments y ont été investis. L’individualité de la personne qui écrit peut également s’y révéler.

Washi et calligraphie
Washi et calligraphie

Ces dernières années, le washi est employé de diverses manières afin de lui trouver de nouveaux usages. La demande destinée à la fabrication des shōji a certes diminué, mais il est désormais parfois utilisé à l’intérieur des maisons comme papier peint ou rideau. Il sert également à créer des objets artisanaux. Contrairement aux produits industriels, les luminaires en washi dégagent une chaleur particulière. Il existe aussi des accessoires et des sacs cabas fabriqués dans cette matière. Certaines initiatives transforment même le washi en fil, puis en tissu, jusqu’à confectionner des robes.
Au cours de sa longue histoire, le washi a surtout servi de support pour consigner des textes. Aujourd’hui, ses possibilités d’utilisation s’élargissent et des applications encore plus novatrices sont attendues à l’avenir.

Conclusion

Avez-vous déjà fabriqué du papier à la main ?
Lors d’un séjour à Kyoto, cet atelier permet de consacrer environ 1 heure à la fabrication artisanale du washi dans une machiya paisible.
En prenant le temps de tout réaliser soi-même à partir de zéro, il devient possible de comprendre la valeur d’une feuille fabriquée avec beaucoup de temps et de soin, même lorsque le papier était jusque-là utilisé sans y prêter attention.
Comme cette création manuelle exige une grande concentration, de nombreux participants disent s’être sentis apaisés. Certains perçoivent peut-être même dans la fabrication du washi l’esthétique du wabi-sabi. Quelle que soit l’impression ressentie, cette expérience inhabituelle consistant à se confronter directement au papier devrait apporter de nouvelles valeurs et perspectives.
À une époque où le papier est de moins en moins utilisé, il s’agit sans aucun doute d’une excellente occasion de lui consacrer pleinement son attention.


Références bibliographiques
Comité éditorial de « Washi tte nani? » (2020), Washi tte nani? 3, Washi no kihon, Rironsha Co., Ltd.
Kodomo Club (2015), Sekai isan ni natta washi 1, Sekai ni hokoru Nihon no washi, « Washi » to sono bunkateki haikei o kangaeyō!, Shinnihon Shuppansha Co., Ltd.

Motomura Sayaka

Auteur

Présentateur indépendant

Motomura Sayaka

Principalement consacré à la culture traditionnelle, aux arts du spectacle et à l’histoire

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