Un lieu d’échange ancré dans le quotidien des Japonais : la culture des izakaya et comment en profiter

Un lieu d’échange ancré dans le quotidien des Japonais : la culture des izakaya et comment en profiter

Dernière mise à jour :
Rédigé par :  GOOD LUCK TRIP

Pour les Japonais, l’izakaya est un lieu de détente profondément ancré dans la vie quotidienne.
C’est un endroit particulier où l’on peut resserrer ses liens, quels que soient l’âge et l’occasion, tout en profitant d’une atmosphère unique, de boissons et de plats.
Cet article présente principalement le fonctionnement et la culture propres aux izakaya, ainsi que les règles et les bonnes manières à connaître lors d’une visite.
En le lisant jusqu’au bout et en suivant ses conseils, il sera certainement possible de profiter pleinement de l’ambiance des izakaya vue à l’écran.

Qu’est-ce qu’un izakaya ?

Un izakaya est un débit de boissons de style japonais proposant principalement des boissons alcoolisées.
On peut y déguster à prix raisonnable boissons et repas ; il s’apparente ainsi à un pub britannique ou à un bar espagnol.
Il en existe de nombreux styles, des chaînes aux petits établissements indépendants, ainsi que différentes configurations : comptoir, salons privés ou consommation debout.
Certains proposent également des formules à volonté pour les plats ou les boissons. Chaque établissement se distingue aussi par son ambiance, son menu et son concept.
En général, ils ouvrent en fin d’après-midi et ferment vers minuit. De nombreux Japonais s’y rendent en groupe, avec des amis, des collègues ou leur partenaire.
Les occasions sont variées : boire un verre après le travail, discuter entre amis ou célébrer un anniversaire particulier. Les izakaya servent ainsi à approfondir les échanges.
Avec leur agréable brouhaha et leur atmosphère décontractée, les izakaya constituent un espace culturel propre au Japon qui permet d’oublier le quotidien.

L’izakaya est un lieu où les Japonais resserrent leurs liens
L’izakaya est un lieu où les Japonais resserrent leurs liens

Quels plats peut-on manger dans un izakaya ?

Les izakaya proposent un grand choix de mets accompagnant bien l’alcool, avec une grande variété de plats reflétant la personnalité de chaque établissement.
Le menu étant très diversifié, des plats familiaux aux petites assiettes à grignoter, même les personnes qui n’aiment pas l’alcool peuvent en profiter.
Le tableau ci-dessous récapitule les grands classiques proposés dans de nombreux établissements.

Petites assiettes
Edamame, tofu froid, poulpe au wasabi, légumes légèrement marinés, salade
Grillades
Yakitori, poisson grillé, gyoza, pizza, omelette japonaise épaisse
Fritures
Karaage, brochettes frites, croquettes, frites, tofu frit dans un bouillon
Sashimi et produits de la mer
Assortiment de sashimi, aileron de raie, shishamo
Plats mijotés et grillés à la flamme
Nikujaga, oden, abats mijotés, poitrine de porc braisée
Plats à base de riz
Onigiri grillé, riz sauté, ochazuke, ramen
Autres
Fromages, ajillo, créations de l’établissement, glace
De nombreux plats sont prévus pour être partagés à plusieurs
De nombreux plats sont prévus pour être partagés à plusieurs

Que peut-on boire dans un izakaya ?

Les izakaya disposent aussi d’une carte de boissons bien fournie et servent de nombreux types d’alcools.
La possibilité de choisir selon les plats commandés ou l’humeur du jour fait également partie de leur attrait.
Dans l’ensemble, les clients commandent davantage de bière pression et de sour que de cocktails raffinés ou de vin.
Voici les boissons généralement proposées.

Bière
Bière pression, bière en bouteille, bière artisanale, bière locale, bière sans alcool
Saké
Saké froid, saké chaud, saké local
Shochu
Shochu d’orge, de patate douce ou de riz, Hoppy (avec eau gazeuse, eau plate ou glaçons)
Sour et chuhai
Sour au citron, sour au pamplemousse, oolong-hai, umeshu (liqueur de fruits), etc.
Whisky
Whisky, highball
Cocktails
Cassis-orange, gin tonic, Moscow mule, Kahlúa au lait, etc.
Vin
Vin rouge, vin blanc
Boissons sans alcool
Thé oolong, cola, jus d’orange, ginger ale, etc.
Un seul établissement permet de goûter à de nombreux types d’alcools
Un seul établissement permet de goûter à de nombreux types d’alcools

Quel budget prévoir dans un izakaya ?

Comme indiqué précédemment, il existe de nombreux types d’izakaya ; les prix varient donc selon le format de l’établissement et la région.
L’addition dépendant aussi de la quantité consommée, voici une estimation générale par catégorie.
Les izakaya situés dans les centres-villes ont nettement tendance à être plus chers.

Catégorie Budget moyen par personne Description
Chaînes à très bas prix 1 500 à 2 500 yens Environ 300 à 600 yens par plat et 250 à 600 yens par boisson.
Établissements indépendants et chaînes populaires 3 000 à 5 000 yens Environ 400 à 1 500 yens par plat et 400 à 800 yens par boisson.
Les prix varient selon la qualité des plats et des boissons.
Izakaya spécialisés 4 000 à 6 000 yens Établissements spécialisés dans un type de plat, comme les sushis ou les yakitori.
Les prix varient selon la spécialité.
Izakaya tendance et bars 4 000 à 7 000 yens Populaires auprès des jeunes et des femmes. Ils proposent un décor moderne, des plats et cocktails élaborés, ainsi que des alcools haut de gamme.
Izakaya haut de gamme 7 000 à plus de 10 000 yens Ils servent dans des salons privés des ingrédients de luxe et des sakés locaux rares.
Le service est soigné et ils sont souvent fréquentés lors d’occasions particulières ou de repas d’affaires.
Il est appréciable de pouvoir choisir selon l’occasion, de l’izakaya décontracté à l’établissement élégant
Il est appréciable de pouvoir choisir selon l’occasion, de l’izakaya décontracté à l’établissement élégant

Pourquoi les Japonais aiment-ils tant les izakaya ?

Pour les Japonais, souvent réservés, l’izakaya est apprécié comme un lieu de sociabilité où ils peuvent se détendre et parler franchement.
L’animation modérée des izakaya aide à évacuer le stress quotidien, tandis que leur atmosphère emplie de conversations légères et de rires rassure de nombreuses personnes.
La manifestation la plus emblématique en est sans doute la culture de la « nominication », mot-valise associant « boire » et « communication ».
Elle consiste à nouer des relations en profitant d’un verre pour échanger des pensées difficiles à exprimer au quotidien et renforcer les liens et la confiance.
Elle aide à relâcher les tensions habituelles et offre l’occasion de discuter au-delà des rapports hiérarchiques ou sociaux avec ses supérieurs, collègues et amis.

L’izakaya sert aussi à faciliter les relations humaines
L’izakaya sert aussi à faciliter les relations humaines

Histoire des izakaya

L’origine des izakaya reste incertaine, mais le plus ancien témoignage serait le meurtre commis en 761 dans un « shushi », un lieu où l’on buvait, mentionné dans le Shoku Nihongi.
Il faut toutefois attendre l’époque d’Edo (1603-1868) pour que les izakaya se développent au Japon et adoptent leur forme actuelle.
À cette époque, les marchands de saké vendaient l’alcool au volume, puis un nombre croissant d’entre eux se mirent à le servir sur place, accompagné de repas légers et de mets à grignoter.
Le terme « izakaya » vient d’ailleurs de l’idée de « rester pour boire » ; à l’origine, on y buvait principalement debout.
À partir de l’ère Meiji (1868-1912), la modernisation du pays entraîna l’arrivée de la bière et des alcools occidentaux, tandis que l’apparition des brasseries diversifia encore l’offre.
Le boom des chaînes dans les années 1980 a consacré les izakaya comme des lieux culturels fréquentés par un grand nombre de personnes. Aujourd’hui, ils sont appréciés par un public très varié.

Un izakaya de l’ère Showa témoignant de l’évolution des époques
Un izakaya de l’ère Showa témoignant de l’évolution des époques

Pour mieux en profiter : les traditions propres aux izakaya japonais

Voici huit traditions propres aux izakaya japonais.
Peu familières aux étrangers, elles devraient s’avérer utiles une fois connues.
Lors d’une visite dans un izakaya, ces informations permettront de passer un moment encore plus agréable et de vivre une excellente expérience.

De l’eau et une serviette humide gratuites sont servies à l’arrivée

Dans un izakaya, il est généralement d’usage de recevoir gratuitement une serviette humide, ou oshibori, et de l’eau après s’être installé.
Ce service constitue une forme d’hospitalité propre au Japon, témoignant d’une attention délicate envers les clients. Les établissements haut de gamme accordent généralement davantage de soin à leurs oshibori.
Ils servent souvent à se nettoyer les mains avant de commencer le repas ou à essuyer ses mains et les salissures sur la table pendant celui-ci.
Au Japon, leur utilisation est notamment devenue une habitude en raison de la culture culinaire des yakitori, des sushis et d’autres mets touchés directement avec les mains.
L’oshibori favorise aussi la détente : froid en été et chaud en hiver, il apporte un confort adapté à la saison et à la température. Certains établissements n’en proposent toutefois pas.

L’oshibori offert relève lui aussi de l’hospitalité propre au Japon
L’oshibori offert relève lui aussi de l’hospitalité propre au Japon

La boisson se commande en premier

Dans un izakaya, on demande généralement quelle sera la première boisson au moment où l’oshibori est apporté.
La principale raison est que les boissons peuvent être servies rapidement : cela réduit l’attente tout en laissant le temps de choisir les plats, ce qui améliore la satisfaction des clients.
Servir une boisson immédiatement après leur installation permet aussi aux clients de se détendre et de se préparer à apprécier l’ambiance du repas.
L’établissement y trouve également un grand avantage, car chaque verre supplémentaire augmente son chiffre d’affaires.
Si le choix n’est pas encore fait, il n’est pas nécessaire de commander immédiatement : la commande peut être passée plus tard.

Une fois installé, il faut d’abord choisir la boisson à commander
Une fois installé, il faut d’abord choisir la boisson à commander

Un otoshi ou tsukidashi est servi

L’« otoshi », aussi appelé « tsukidashi », est un petit plat ou bol apporté avec la première boisson.
Préparé par l’établissement et servi en guise de bienvenue, il est souvent facturé automatiquement comme frais de service, généralement entre 300 et 500 yens par personne.
Il s’agit souvent de mets saisonniers tels que des edamame, des plats mijotés, des préparations assaisonnées ou vinaigrées. Certains établissements proposent des otoshi très élaborés.
Il permet aussi de révéler le caractère et le savoir-faire de l’établissement et peut guider les prochaines commandes.
Quels que soient son prix et son contenu, l’otoshi ne peut généralement pas être refusé et fait partie intégrante de la culture des izakaya.
Certains établissements n’en proposent toutefois pas. Il est donc préférable de se renseigner avant de s’asseoir si cela constitue un sujet de préoccupation.

L’otoshi permet d’apprécier le caractère et le savoir-faire de l’établissement
L’otoshi permet d’apprécier le caractère et le savoir-faire de l’établissement

Porter un toast à la bière dès le premier verre

Au Japon, l’expression « toriaezu biru », soit « une bière pour commencer », reflète l’habitude de commander une bière pression comme premier verre et de trinquer avec celle-ci dans les izakaya.
La bière se serait largement répandue pendant la période de forte croissance économique de l’après-guerre, donnant naissance à l’habitude « toast égale bière » parallèlement à la culture d’entreprise et à celle des salariés.
La bière est disponible dans presque tous les izakaya et peut être servie rapidement, bien fraîche et rafraîchissante, ce qui réduit l’attente entre la commande et le toast.
Sa teneur en alcool plus faible que celle d’autres boissons explique également qu’elle soit souvent choisie en premier.
De plus, sa couleur dorée évoque la lumière et la célébration, tandis que le tintement des chopes crée un sentiment d’unité qui anime l’assemblée. Cela a également contribué à ancrer cette habitude.
Cette tradition tend toutefois à s’estomper ces dernières années, les choix se diversifiant entre highballs, sour et boissons sans alcool. Les personnes qui n’aiment pas la bière ne sont donc pas obligées de suivre le groupe.

Pour découvrir la culture des izakaya japonais, essayer de trinquer avec une bière comme premier verre
Pour découvrir la culture des izakaya japonais, essayer de trinquer avec une bière comme premier verre

Partager de grands plats entre tous les convives

Les menus des izakaya comptent souvent des plats comme le karaage, les assortiments de sashimi ou les salades, servis sur de grandes assiettes en portions pour plusieurs personnes.
Pour ce type de plat, la règle consiste à répartir les aliments dans de petites assiettes avant de les partager.
Lorsque la quantité est limitée, il convient de ne pas trop se servir et de tenir compte de l’équilibre général.
Cela ne pose pas de problème en famille ou entre proches, mais toucher directement le plat avec ses propres baguettes ou ajouter un condiment sans permission constitue un manquement aux bonnes manières.
S’il n’y a pas de petites assiettes pour le partage, le personnel pourra en apporter sur demande.

Profiter ensemble des plats à partager
Profiter ensemble des plats à partager

Découvrir plusieurs établissements lors d’une tournée des bars

Le « hashigo-zake » est une tradition consistant à parcourir plusieurs izakaya en une soirée afin de découvrir différents plats, alcools et ambiances.
Son nom viendrait du déplacement successif d’un établissement à l’autre, comparable à l’ascension des barreaux d’une échelle, « hashigo » en japonais.
Cette habitude remonte à l’époque d’Edo et consiste généralement à faire le tour d’établissements proches, dans un quartier regroupant des bars.
Le hashigo-zake permet de vivre rapidement de nombreuses expériences, notamment le plaisir de trouver son établissement préféré et de rencontrer différentes personnes.
Le fait de boire et de manger en petites quantités permet aussi de varier les plaisirs davantage qu’en restant dans un seul établissement, autre raison de sa popularité.

Un quartier animé comptant tant d’izakaya qu’il est difficile de choisir
Un quartier animé comptant tant d’izakaya qu’il est difficile de choisir

Terminer la soirée avec des ramen

Manger des ramen pour conclure une soirée arrosée est un grand classique chez les Japonais.
Dans les quartiers animés, certains restaurants de ramen restent ouverts tard, et beaucoup terminent leur tournée des bars en y dégustant un bol.
Il n’existe pas de variété incontournable pour conclure la soirée. Pour une fin de repas légère, on choisira des ramen à la sauce soja ou au sel ; en cas de grosse faim, des ramen tonkotsu. La saveur choisie dépend de l’humeur du moment.
Pour profiter pleinement de la culture des izakaya japonais, pourquoi ne pas essayer de « terminer la soirée autour d’un bol de ramen en évoquant les souvenirs de la nuit » ?

Terminer une agréable soirée par un bol de ramen
Terminer une agréable soirée par un bol de ramen

Pourquoi les izakaya sont-ils appelés « lanternes rouges » ?

Les izakaya portent aussi le surnom d’« akachochin », ou « lanterne rouge », encore fréquemment employé aujourd’hui.
Il existe plusieurs théories, mais cette appellation remonterait à l’époque d’Edo.
À cette époque, les débits de boissons commencèrent à utiliser des lanternes ordinaires comme éclairage pour indiquer qu’ils étaient ouverts. Il semblerait qu’un établissement populaire ait ensuite suspendu une lanterne rouge pour attirer la prospérité commerciale, lançant ainsi la tradition.
Les lanternes rouges, très visibles de loin, attiraient les clients ; d’autres établissements les ont alors imitées, multipliant leur présence.
Le rouge est aussi une couleur de bon augure dans la culture japonaise et convenait à l’atmosphère chaleureuse et détendue des débits de boissons, autre raison de son utilisation.
Après la guerre, la lanterne rouge s’est imposée comme symbole des izakaya et a remplacé l’enseigne dans de nombreux établissements.
Aujourd’hui encore, elle crée une atmosphère nostalgique et demeure un symbole évoquant convivialité et réconfort.

La lanterne rouge, emblème classique des izakaya
La lanterne rouge, emblème classique des izakaya

Règles et bonnes manières à connaître dans les izakaya japonais

Voici les principales règles et bonnes manières à connaître dans les izakaya japonais.
Il n’est pas indispensable de toutes les respecter systématiquement ; mieux vaut s’adapter avec souplesse à la situation et aux personnes présentes.
Ces gestes étant familiers à de nombreux Japonais, les adopter en leur présence leur fera plaisir et rapprochera sans aucun doute les convives.
Ils sont également recommandés aux touristes étrangers souhaitant découvrir la manière japonaise de boire.

Les règles japonaises pour trinquer

Dans un izakaya, il est courant de trinquer au premier verre en disant « Kanpai ! » et en entrechoquant légèrement les chopes pour les faire tinter. Les verres à vin, eux, ne s’entrechoquent pas.
Dans un grand groupe, s’il est difficile de trinquer avec tout le monde, un regard ou un léger signe de tête suffit.
Lors du toast, la politesse veut que l’on place sa chope légèrement plus bas que celle d’une personne de rang supérieur.
En principe, personne ne boit avant le toast : il faut attendre que tout le monde soit présent et que celui-ci soit terminé. Même sans avoir soif, il convient d’en boire au moins une gorgée.
Ces usages reflètent une culture propre au Japon fondée sur le respect mutuel. Il est essentiel de rester attentif aux autres tout en maintenant une atmosphère agréable.

Essayer de trinquer à la japonaise
Essayer de trinquer à la japonaise

Commander avant que les verres ne soient vides

Au Japon, la politesse veut que l’on demande aux autres ce qu’ils souhaitent boire ensuite et que l’on commande une nouvelle boisson avant que leur verre ne soit vide.
Pour la bière en bouteille et le saké, la tradition veut également que l’on serve les autres dans leur verre ou leur petite coupe à saké, appelée ochoko, plutôt que de se servir soi-même.
Pour servir, il convient de tenir la bouteille d’une main, étiquette tournée vers le haut, et de soutenir le fond de l’autre afin de témoigner de son attention, puis de verser la quantité souhaitée par la personne.
Lorsque quelqu’un sert, soulever et incliner légèrement son verre tout en le remerciant par des mots comme « arigato gozaimasu » laisse une bonne impression.
Il s’agit toutefois de règles propres aux repas formels ou en présence d’une personne de rang supérieur. Il n’est pas nécessaire de s’en préoccuper lors d’une sortie décontractée entre amis.
Y penser excessivement peut refroidir l’ambiance, et de nombreux Japonais n’apprécient pas les attentions exagérées. Il faut donc juger selon la situation.

Même entre amis, respecter volontairement les usages japonais peut constituer une expérience intéressante
Même entre amis, respecter volontairement les usages japonais peut constituer une expérience intéressante

Comment commander dans un izakaya

Comme dans les autres restaurants, il existe deux manières de commander : directement auprès du personnel ou depuis un terminal à écran tactile.
Pour une commande directe, il faut interpeller le personnel en disant « sumimasen » ou appuyer sur le bouton placé sur la table.
Avec un écran tactile, toute la commande s’effectue généralement à l’écran ; certains établissements proposent aussi une interface multilingue.
Dans un izakaya proposant des menus, des boissons ou des plats à volonté, il faut annoncer dès le début si l’une de ces formules est souhaitée.

Dans les établissements équipés d’écrans tactiles, le menu est souvent disponible en plusieurs langues
Dans les établissements équipés d’écrans tactiles, le menu est souvent disponible en plusieurs langues

Les établissements sont non-fumeurs

Depuis l’entrée en vigueur en avril 2020 de la révision de la loi sur la promotion de la santé, le nombre d’izakaya entièrement non-fumeurs augmente, surtout dans les villes et parmi les chaînes.
Les mesures diffèrent toutefois selon les établissements et les régions. Certains autorisent la cigarette à toutes les places ; d’autres disposent de petites pièces ou de zones réservées aux fumeurs, où il est interdit de manger et de boire.
Les petits établissements indépendants ont généralement tendance à être plus tolérants envers le tabac.
Les personnes gênées par la fumée devraient demander au personnel avant d’entrer si l’établissement est fumeur ou non-fumeur.

Certains izakaya disposent d’un fumoir ou d’une zone réservée
Certains izakaya disposent d’un fumoir ou d’une zone réservée

À la découverte des yokocho regroupant des izakaya

Le terme « yokocho » désigne principalement un quartier de débits de boissons installé dans une ruelle étroite en retrait d’une artère principale ou sous une voie ferrée surélevée.
De petits établissements s’y alignent dans un espace restreint, créant un charme rétro et une atmosphère chaleureuse, humaine et animée.
Les propriétaires sont proches des clients et tout le monde se montre amical ; même les novices s’y intègrent facilement et les conversations naissent spontanément.
La possibilité d’apprécier la personnalité de chaque établissement, entre cuisine variée et sakés locaux rares, constitue un attrait propre aux yokocho.
Ce ne sont pas seulement des lieux où boire et manger, mais aussi une excellente occasion de découvrir des aspects plus profonds de la vie et de l’histoire locales.
Ces dernières années, ils sont aussi devenus des sites touristiques appréciés des visiteurs étrangers et jouissent d’une bonne réputation pour les expériences dépaysantes qu’ils proposent.
Voici quelques-uns des yokocho les plus célèbres du Japon, à Tokyo et Osaka. Une visite sur place s’impose pour ressentir la culture japonaise des izakaya.

1. 【Tokyo】Shinjuku Golden Gai

Ce quartier traditionnel et rétro de Kabukicho, à Shinjuku, compte environ 300 débits de boissons installés dans des bâtiments mitoyens en bois, de part et d’autre d’étroites ruelles.
Il est réputé pour permettre de découvrir de près la culture japonaise.
Les établissements sont tous si petits que quelques personnes suffisent à remplir leur comptoir, créant une grande proximité avec le personnel et les autres clients.

Un quartier historique de Kabukicho, à Shinjuku, où se concentrent environ 300 débits de boissons
Un quartier historique de Kabukicho, à Shinjuku, où se concentrent environ 300 débits de boissons

2. 【Tokyo】Shinjuku Nishiguchi Omoide Yokocho

À environ deux minutes à pied de la sortie ouest de la gare de Shinjuku, ce quartier rassemble des débits de boissons traditionnels. Il compte environ 80 établissements, billetteries comprises, qui proposent d’excellentes boissons et de bons plats.
Malgré la présence de nombreux établissements récents, beaucoup sont des maisons anciennes installées dans des bâtiments mitoyens où les commerces ne sont séparés que par une simple cloison de bois, créant une atmosphère rétro. On peut aussi bien y apprécier les saveurs que l’ambiance.

Un quartier de débits de boissons à l’atmosphère rétro et nostalgique
Un quartier de débits de boissons à l’atmosphère rétro et nostalgique

3. 【Tokyo】Shibuya Nonbei Yokocho

Près de la gare de Shibuya, un peu moins de 40 petits izakaya accueillants s’alignent le long de la voie ferrée.
On y trouve toutes sortes d’établissements, des restaurants servant une cuisine familiale ou rurale japonaise aux bars à vin et bistrots.
Les noren et enseignes bordant les ruelles étroites donnent, le temps d’une promenade, l’impression de remonter dans le Japon d’autrefois.

Un quartier de débits de boissons au charme rétro de l’ère Showa, tout près de la gare de Shibuya
Un quartier de débits de boissons au charme rétro de l’ère Showa, tout près de la gare de Shibuya

4. 【Osaka】Hozenji Yokocho

Hozenji Yokocho se compose de deux ruelles pavées situées dans l’enceinte du temple bouddhiste Jodo Tenryuzan Hozenji. Fréquenté sans interruption par les fidèles depuis l’ère Meiji (1868-1912), il constitue l’un des principaux sites touristiques du Japon.
Le yokocho se compose de deux ruelles d’environ 80 m de long et 3 m de large, qui s’étendent d’est en ouest.
Bien qu’il se trouve juste à côté du très animé Dotonbori et de ses enseignes géantes colorées, le quartier conserve un paysage paisible. Les jours de pluie, les pavés mouillés dégagent une atmosphère particulièrement délicate. Restaurants kappo anciens, restaurants d’okonomiyaki ou de kushikatsu et bars se pressent de part et d’autre des ruelles.

Le lieu est célèbre pour ses deux ruelles pavées s’étendant d’est en ouest et son Mizukake Fudoson
Le lieu est célèbre pour ses deux ruelles pavées s’étendant d’est en ouest et son Mizukake Fudoson

5. 【Osaka】Nanyodori Shotengai (Janjan Yokocho)

Le nom de la galerie commerçante Nanyodori Shotengai viendrait de l’expression « rue baignée par la lumière du soleil ».
Elle est communément appelée Janjan Yokocho. Ce nom proviendrait du son « janjan » des shamisen et des tambours joués par les commerces de la rue pour attirer les clients après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945.
Cette galerie commerçante couverte mesure 180 m de long et 2,5 m de large. Malgré sa taille réduite, elle aligne des commerces à la forte personnalité.

Outre les restaurants de kushikatsu et d’udon, le quartier compte des lieux où adultes et enfants peuvent s’amuser, notamment avec le go, le shogi et des stands de tir nostalgiques
Outre les restaurants de kushikatsu et d’udon, le quartier compte des lieux où adultes et enfants peuvent s’amuser, notamment avec le go, le shogi et des stands de tir nostalgiques

Questions fréquentes sur la culture des izakaya au Japon

Q

Y a-t-il un âge minimum pour entrer dans les izakaya japonais ?

A

Les mineurs peuvent y entrer, mais la consommation d’alcool et le tabagisme sont interdits par la loi aux moins de 20 ans. Certains établissements imposent une limite d’âge ou refusent l’entrée en l’absence d’un accompagnateur adulte.

Q

Qu’est-ce que l’happy hour ?

A

Il s’agit d’une période de réduction, principalement sur les boissons alcoolisées, proposée aux heures creuses, par exemple en début de soirée en semaine ou juste après l’ouverture.

Q

Où trouve-t-on beaucoup d’izakaya ?

A

Ils se trouvent dans des lieux variés, des centres-villes et quartiers animés aux abords des gares et quartiers d’affaires. Comme de nombreux établissements présentent des caractéristiques et des concepts différents, chacun devrait pouvoir trouver un izakaya à son goût.

Conclusion

Cet article a présenté les izakaya, débits de boissons de style japonais, leur culture et leur fonctionnement particuliers, ainsi que les bonnes manières à connaître sur place.
À la fois prolongement du quotidien et source de dépaysement, l’izakaya constitue pour les Japonais un espace culturel précieux où ils peuvent souffler.
Les Japonais peuvent sembler réservés aux étrangers, mais les voir profiter pleinement d’un izakaya donnera sans doute une autre image d’eux.
Lors d’un voyage au Japon, ces informations permettront de découvrir un izakaya et de profiter d’une remarquable expérience interculturelle.