11 villes-étapes et traditions thermales à découvrir dans le Shinshū : sur les traces du Japon d’autrefois

11 villes-étapes et traditions thermales à découvrir dans le Shinshū : sur les traces du Japon d’autrefois

Dernière mise à jour :
Rédigé par :  shichimi
Supervisé par :  GOOD LUCK TRIP

Du Nakasendō, entre Karuizawa et Tsumago, au temple Zenkō-ji, le Shinshū compte de nombreux lieux où l’histoire et les modes de vie restent bien vivants.
Les paysages urbains des villes-étapes, la cuisine autour de l’irori, la tournée des bains publics et les sanctuaires et temples en tant que lieux de prière révèlent des visages différents selon les régions.
En suivant les cultures enracinées dans chaque territoire, les expériences telles que marcher, goûter et se baigner s’entremêlent naturellement.

Entrer dans les villes-étapes et retrouver les traces d’autrefois

Dans les villes-étapes aménagées le long des routes subsistent encore les bâtiments et les rues qui accueillaient autrefois les voyageurs.
Leurs constructions en bois et leurs voies pavées offrent une succession de paysages évoquant les allées et venues de l’époque d’Edo. Chaque ville-étape possède sa propre histoire et sa propre structure, dévoilant de nouveaux visages au fil de la promenade.

1. Nakasendō, de Karuizawa à Tsumago (de Karuizawa à Nagiso)

Parmi les routes qui reliaient Edo à Kyoto, le Nakasendō est un itinéraire historique où paysages naturels et villes se succèdent. Le tronçon allant de Karuizawa à Tsumago regorge notamment de sites remarquables, entre nature majestueuse, bâtiments historiques et rues anciennes.
Tout au long du trajet, le paysage évolue, des rues au caractère culturel de Karuizawa aux villes-étapes nichées dans les montagnes du Kisoji. Des spécialités locales comme les soba et les gohei-mochi jalonnent également le parcours. Reliant des paysages différents d’un tronçon à l’autre, cet itinéraire mérite d’être intégré au programme d’un voyage.

Narai-juku, l’une des villes-étapes qui perpétuent l’atmosphère de l’époque d’Edo
Narai-juku, l’une des villes-étapes qui perpétuent l’atmosphère de l’époque d’Edo

2. Tsumago-juku (Nagiso)

Tsumago-juku présente une succession de rues qui ont conservé leur apparence de l’époque d’Edo. Connue comme le premier lieu du Japon où fut lancé un mouvement de préservation du paysage urbain, elle abrite un précieux ensemble architectural qui transmet encore aujourd’hui l’atmosphère de cette époque.
Dans les rues débarrassées des lignes électriques et des enseignes s’alignent auberges traditionnelles et maisons de ville, aux côtés du honjin et de musées. Des maisons de thé permettent aussi de déguster des gohei-mochi et des soba, pour une promenade qui éveille à elle seule le sentiment du voyage.

Un précieux paysage urbain subsiste dans cette ville-étape, la 42e depuis Edo
Un précieux paysage urbain subsiste dans cette ville-étape, la 42e depuis Edo

3. Narai-juku (Shiojiri)

Cette ville-étape, qui s’étend sur environ 1 km, prospéra en tant que point stratégique du Kisoji. Elle était divisée en trois quartiers le long de la route, Uwamachi, Nakamachi et Shimomachi, du sud au nord. À l’époque, le honjin, le waki-honjin et les maisons de commerce se trouvaient à Nakamachi, au centre de la ville.
Aujourd’hui encore, les maisons aux treillis senbon-gōshi s’alignent dans les rues, tandis que la structure urbaine, avec ses sanctuaires, points d’eau et temples, demeure intacte. Les dispositifs défensifs, tels que les passages en angle et les espaces en forme de carré, figurent également parmi les curiosités.
Une promenade de boutique en boutique permet de découvrir concrètement les fonctions de cette ancienne ville-étape.

Traverser le pont en tambour entièrement construit en cyprès japonais pour rejoindre Narai-juku
Traverser le pont en tambour entièrement construit en cyprès japonais pour rejoindre Narai-juku

4. Unno-juku (Tōmi)

Cette rue paisible d’une ancienne ville-étape conserve le souvenir du Hokkoku Kaidō, qui reliait les côtes de la mer du Japon à celles de l’océan Pacifique. Sur environ 650 m, un canal d’irrigation coule au centre de la voie, bordée de part et d’autre par de belles maisons aux portes à treillis, composant un décor nostalgique marqué par le passage du temps.
Le paysage urbain se distingue par la coexistence d’auberges de l’époque d’Edo et de bâtiments destinés à l’élevage des vers à soie datant de l’ère Meiji et des périodes suivantes. Les détails décoratifs, notamment les udatsu et les treillis, méritent également l’attention.

Un paysage singulier où s’harmonisent des bâtiments de l’époque d’Edo et d’autres datant de l’ère Meiji et des périodes suivantes
Un paysage singulier où s’harmonisent des bâtiments de l’époque d’Edo et d’autres datant de l’ère Meiji et des périodes suivantes

Découvrir la cuisine à l’irori et l’artisanat pour goûter au mode de vie du Shinshū

La cuisine du Shinshū est souvent profondément liée au climat et au terroir locaux. Elle se transmet sous diverses formes : plats régionaux grillés dans un irori, préparations mettant à profit des spécialités telles que le wasabi et les soba, ou encore culture des brasseries de saké.
Mettre la main à la pâte et goûter permet de mieux saisir les contours de la vie locale.

5. Ogawa no Shō, Jōmon Oyaki-mura (Ogawa)

Ce restaurant de cuisine régionale a été aménagé dans une ferme rénovée du village d’Ogawa. Dans un intérieur évoquant une habitation semi-enterrée de l’époque Jōmon, il est possible de déguster les oyaki, une spécialité locale préparée depuis des générations.
Autour de l’irori sont disposés des oyaki garnis d’ingrédients variés, comme des feuilles de nozawana, des champignons ou de la pâte de haricots rouges. Passer un moment autour du kotatsu encastré en buvant du thé de sarrasin fait aussi partie des attraits du lieu. Des ateliers de préparation d’oyaki sont également proposés.

Les oyaki, spécialité du Shinshū, grillés à l’ancienne au bord de l’irori
Les oyaki, spécialité du Shinshū, grillés à l’ancienne au bord de l’irori

6. Restaurant de soba Jiyūan Asakawa (Azumino)

Ce restaurant de soba réputé permet d’apprécier l’association du wasabi et des nouilles de sarrasin. Le plat très populaire commandé par de nombreux clients est le « zaru soba accompagné de boutons floraux de wasabi en condiment ». Il associe le parfum frais des boutons floraux à des soba fermes sous la dent.
Dans le jardin « Fureai no Komichi » s’épanouissent hortensias des montagnes et fleurs de sarrasin, offrant un cadre idéal pour une promenade après le repas. Mieux vaut venir en prévoyant de profiter tranquillement du lieu, temps d’attente compris.

Le « zaru soba accompagné de boutons floraux de wasabi en condiment », une spécialité locale réunissant deux produits emblématiques de Nagano, dans le Shinshū
Le « zaru soba accompagné de boutons floraux de wasabi en condiment », une spécialité locale réunissant deux produits emblématiques de Nagano, dans le Shinshū

7. Masuichi-Ichimura Shuzōjō, Teppai (Obuse)

Le concept consiste à déguster au comptoir de la brasserie un verre de saké vendu à la mesure. « Teppai » est un terme dialectal local qui désigne le fait de boire directement sur place un saké vendu à la mesure.
Plusieurs cuvées peuvent être goûtées à partir d’un seul petit verre à saké, ce qui permet de comparer immédiatement leurs saveurs. Des accompagnements comme des haricots marinés et du matsumae-zuke sont également proposés, à savourer dans l’atmosphère de la brasserie. Il est aussi agréable de pouvoir repartir directement avec la cuvée préférée.

Une petite dégustation dans une brasserie de saké historique fondée en 1755
Une petite dégustation dans une brasserie de saké historique fondée en 1755

Parcourir les villes thermales et se baigner dans des sources réputées

La culture des cures thermales est depuis longtemps enracinée dans le Shinshū, où des bains publics et des bains extérieurs aux hébergements subsistent dans de nombreuses localités.
Entre les stations thermales où l’on parcourt la ville de bain en bain et les lieux où l’on profite d’une même source dans son hébergement, pourquoi ne pas s’immerger dans différentes manières de vivre les onsen ?

8. Nozawa Onsen (Nozawaonsen)

Cette ville thermale, profondément marquée par la culture des bains publics, conserve son atmosphère avec ses bains extérieurs, ses bains de pieds et ses restaurants alignés dans les rues. L’un des grands attraits de Nozawa Onsen est la tournée des 13 bains extérieurs, alimentés depuis l’époque d’Edo par des sources 100 % naturelles qui s’écoulent en continu.
Parcourir ces bains aux bienfaits différents pour trouver son eau préférée constitue une expérience propre à la destination. La ville thermale compte aussi 27 points où recueillir des sceaux : l’achat d’un carnet et la collecte d’au moins 10 sceaux donnent droit à un cadeau.

Des bains extérieurs également appréciés des habitants
Des bains extérieurs également appréciés des habitants

9. Awanoyu, célèbre source de Shirahone (Matsumoto)

Le grand bain en plein air est l’attraction emblématique d’Awanoyu, auberge thermale historique située à Shirahone Onsen, au cœur des Alpes du Nord. Il offre le bonheur de s’immerger dans un vaste bassin rempli d’une eau blanchâtre.
Le bain en plein air est commun, mais les accès sont séparés pour les hommes et les femmes. Couples et groupes peuvent ainsi profiter ensemble de la même eau et se délasser de la fatigue du voyage.

Le grand bain en plein air, généreusement rempli d’une eau blanc laiteux
Le grand bain en plein air, généreusement rempli d’une eau blanc laiteux

Visiter sanctuaires et temples pour se confronter à l’histoire de la prière

Le Shinshū compte de nombreux lieux de culte remontant à l’Antiquité, profondément liés à l’histoire et à la culture locales.
Leurs styles architecturaux, leurs fêtes et leurs rites de visite permettent de découvrir les formes de prière transmises à travers les siècles.

10. Suwa Taisha, ichinomiya de la province de Shinano (Suwa)

Ce sanctuaire, réparti sur quatre enceintes autour du lac Suwa, transmet jusqu’à aujourd’hui d’anciennes croyances. Sanctuaire principal de tous les sanctuaires Suwa du Japon, il est considéré comme l’un des plus anciens sanctuaires du pays.
Sa structure singulière est dépourvue de bâtiment principal, le culte étant voué à une montagne sacrée ou à des arbres sacrés. Chacun des quatre sanctuaires possède ses propres curiosités et entretient des liens avec des événements tels que le festival Onbashira. Une visite peut être combinée avec celle des sanctuaires environnants.

Le pavillon de culte du Kamisha Honmiya de Suwa Taisha, où les prières sont adressées à la montagne sacrée située à l’arrière-plan
Le pavillon de culte du Kamisha Honmiya de Suwa Taisha, où les prières sont adressées à la montagne sacrée située à l’arrière-plan

11. Zenkō-ji (Nagano)

Ce grand temple attire depuis toujours des fidèles sans distinction d’école bouddhique. Également célèbre pour la légende selon laquelle « guidé par une vache, on se rend en pèlerinage au Zenkō-ji », il accueille encore aujourd’hui environ 6 millions de visiteurs par an.
Outre la visite, il propose plusieurs expériences, notamment la découverte du bâtiment principal classé Trésor national et le parcours de l’Okaidan, ce qui prolonge naturellement le temps passé sur place. Il mérite d’être intégré à un itinéraire comprenant également une promenade dans la ville qui s’étend devant ses portes.

La porte principale du Zenkō-ji, fort d’une histoire d’environ 1 400 ans
©Zenkō-ji La porte principale du Zenkō-ji, fort d’une histoire d’environ 1 400 ans

Conclusion

Les rues des villes-étapes, la cuisine à l’irori, la culture thermale des bains extérieurs et les prières dans les anciens sanctuaires et temples.
Dans tout le Shinshū subsistent des paysages transmis de génération en génération avec les modes de vie locaux. En multipliant les expériences — marcher, goûter et se baigner — apparaissent les différentes strates du temps propres à chaque territoire.
En les associant au fil du voyage, il est possible de découvrir la culture du Shinshū sous toutes ses dimensions.

shichimi

Auteur

Rédacteur et auteur

shichimi

Un rédacteur qui place la cuisine au cœur de son travail comme de son quotidien.

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