
Guide complet des wagashi : l’univers des pâtisseries japonaises au fil des quatre saisons !
Quels éléments du quotidien permettent de ressentir le passage des saisons ? Les vêtements, les salutations saisonnières ou encore la cuisine en sont quelques exemples. Les wagashi, pâtisseries traditionnelles japonaises, permettent eux aussi de percevoir les saisons. En effet, leurs motifs les expriment avec délicatesse. Par exemple, les jōnamagashi servis lors de la cérémonie du thé représentent la nature au fil des quatre saisons, à travers les fleurs, les paysages et les changements saisonniers.
Cet article présente l’histoire et les différents types de wagashi, empreints de la sensibilité esthétique délicate des Japonais, ainsi que des ateliers où il est possible de s’essayer à leur confection ! Après cette lecture, la beauté et les saveurs des wagashi dégustés lors d’un voyage au Japon prendront certainement une dimension encore plus profonde.
Que sont les wagashi ?
Les pâtisseries traditionnelles japonaises sont appelées « wagashi ». Elles ne se contentent pas d’être savoureuses : leurs motifs expriment les saisons et reproduisent la beauté de la nature. Elles se caractérisent également par leurs liens étroits avec les fêtes et coutumes anciennes du Japon. Voici leur histoire, leurs ingrédients indispensables et leurs différents types.
Histoire
L’histoire des wagashi remonte à l’Antiquité, lorsque les Japonais consommaient des noix et des fruits entre les repas. On pense que ces fruits, distingués des aliments de base, ont alors été appelés « kashi ». Plus tard, de l’époque de Nara à celle de Heian, les « tōgashi », des pâtisseries venues de Chine, commencent à être consommés à la cour et dans les temples. À l’époque de Kamakura, la culture des collations légères se diffuse avec le bouddhisme zen, tout comme les premières formes de manjū cuits à la vapeur et de yōkan. Les wagashi connaissent ensuite un tournant à l’époque de Muromachi : ils se raffinent avec l’essor de la cérémonie du thé et les fondements des jōnamagashi servis à cette occasion sont établis. À l’époque d’Azuchi-Momoyama, des pâtisseries nanban comme le castella et les konpeitō sont introduites par les Portugais et d’autres Européens. À l’époque d’Edo, la distribution du sucre, jusque-là produit de luxe, s’étend tandis que le savoir-faire des artisans pâtissiers progresse. Une culture très variée du wagashi s’épanouit alors. Depuis l’ère Meiji, les wagashi ont poursuivi leur évolution propre tout en subissant l’influence occidentale. Ils demeurent aujourd’hui encore un élément apprécié de la culture traditionnelle japonaise.
Ingrédients
Haricots azuki
Il n’est pas exagéré de dire que la qualité d’un wagashi dépend de son an : cette pâte sucrée en est la base et l’âme. Elle est préparée à partir de haricots azuki, cultivés au Japon depuis l’Antiquité. Cette plante de la famille des légumineuses est récoltée de septembre à octobre. Les azuki servent à préparer différentes sortes d’an, comme le koshian, le tsubushian et le yōkan d’azuki, mais aussi des plats tels que le riz rouge sekihan. Leur grande polyvalence est l’une de leurs caractéristiques.

Soja
On estime que le soja est arrivé au Japon au début de l’époque Yayoi. Il semble qu’il était alors consommé bouilli ou grillé. À l’époque de Nara, il commence à servir de matière première à ce que l’on appelle aujourd’hui le miso et la sauce soja. En pâtisserie, il est notamment utilisé sous forme de kinako, une farine de soja, ou de suhamako, une poudre obtenue en grillant les graines de soja, puis en retirant leur peau et en les broyant.

Farines et poudres
De nombreuses farines et poudres sont utilisées dans les wagashi.
Une pâte trop visqueuse et trop élastique cuit moins bien et peut avoir une texture désagréable. C’est pourquoi la farine de blé tendre, pauvre en gluten, est souvent employée pour les wagashi.
Le katakuriko désignait à l’origine la fécule extraite des racines de l’érythrone du Japon, une plante de la famille des liliacées. Comme celle-ci n’est presque plus récoltée de nos jours, ce terme désigne désormais la fécule de pomme de terre.
Parmi les poudres à base de riz non gluant figurent le jōshinko, le jōyōko, le shinbikiko, le shinko et le karukanko. Celles à base de riz gluant comprennent notamment le dōmyōjiko, le mochiko et le kanbaiko.
Il existe aussi des poudres à base de blé, de riz complet, de fougère, de kudzu ou de soja. Toutes sont indispensables à la confection des wagashi.

Sucre
Les sucres employés en pâtisserie occidentale et dans les wagashi ne sont pas les mêmes. Ces derniers utilisent notamment le jōhakutō, un sucre blanc employé aussi bien dans les pâtes que dans les pâtisseries cuites ou pressées ; le chūhakutō, un peu moins raffiné que le jōhakutō ; le sanontō, caractérisé par son goût et son parfum particuliers ; le sucre noir kurozatō, obtenu en faisant réduire du jus de canne à sucre ; ou encore le wasanbon, un sucre blanc haut de gamme produit uniquement dans quelques zones très restreintes des préfectures de Kagawa et de Tokushima.

Types
Omogashi
Il s’agit de namagashi raffinés, principalement servis dans des cadres formels comme la cérémonie du thé. Parmi les namagashi, ce terme désigne les pâtisseries haut de gamme appelées jōnama, telles que le kinton et le nerikiri.

Kinton
Une petite boule d’an ou de gyūhi forme le cœur, qui est ensuite recouvert d’une pâte d’an travaillée, passée au tamis et réduite en fins filaments.

Nerikiri
Il existe deux sortes de nerikiri. Le premier est préparé en pétrissant du shiro-an avec du gyūhi servant de liant. Le second, appelé jōyo nerikiri, est préparé avec de l’igname cuite à la vapeur, passée au tamis, puis pétrie avec du sucre.

Higashi
Les higashi sont des pâtisseries sèches. Ils comprennent notamment les wasanbon, principalement composés de sucre wasanbon produit traditionnellement à Tokushima et Kagawa ; les rakugan, préparés en ajoutant du sucre à de la farine de riz, du kanbaiko, du hattaiko ou d’autres poudres, puis moulés dans une forme en bois et séchés ; les kizato, faits de sucre peu raffiné solidifié ; les arihei, préparés en faisant cuire du sucre et du sirop de glucose ; les oshimono, obtenus en tassant des poudres et du sucre dans un moule ; et les tamamono, confectionnés en donnant une forme ronde à du sucre ou à des légumineuses. Leur faible teneur en eau leur permet de se conserver longtemps. Ils servent d’accompagnement aux omogashi.

Yōkan
À l’origine, le yōkan était une offrande aux divinités et aux bouddhas, préparée en pétrissant de la viande de mouton avec du sucre noir. À l’époque de Kamakura, la viande de mouton est remplacée par des haricots azuki et de la poudre de kudzu. On raconte qu’à l’époque de Muromachi apparaît le mushi-yōkan, obtenu en pétrissant puis en cuisant à la vapeur de l’an d’azuki et de la farine de blé. À l’époque d’Edo apparaît ensuite le neri-yōkan, préparé en faisant réduire de l’an, du sucre et de l’agar-agar avant de laisser le mélange prendre.

Manjū
Le manjū est généralement cuit à la vapeur et façonné en boule. Les kōhaku manjū rouges et blancs sont notamment offerts lors de célébrations telles que les cérémonies d’entrée ou de fin d’études, les fêtes locales et les mariages. Au Japon, le rouge et le blanc sont depuis longtemps considérés comme des couleurs porte-bonheur : le rouge symbolise la protection contre le mal et la vitalité, tandis que le blanc représente la pureté et le sacré.

Kohakutō
Cette confiserie est préparée en faisant réduire de l’agar-agar et du sucre, puis en laissant le mélange refroidir et durcir. Elle se caractérise par sa texture cristalline et croquante. Son nom vient du kohaku, l’ambre.

Monaka
Pour fabriquer les coques, de la farine de riz gluant est pétrie et cuite à la vapeur, puis étalée finement, placée dans un moule et cuite. Elles sont ensuite garnies d’an. Cette pâtisserie est apparue au milieu de l’époque d’Edo.

Dorayaki ou Mikasa
Plusieurs théories expliquent le nom dorayaki. Selon l’une d’elles, sa forme rappellerait celle d’un gong en cuivre utilisé sur les navires ; selon une autre, la pâte aurait été cuite sur un gong à la place d’une plaque en fer. En raison de sa forme, il est aussi appelé Mikasa. On estime que la forme originelle du dorayaki est apparue au début de l’époque d’Edo, mais qu’il a pris son aspect actuel à l’ère Taishō.

Minazuki
Minazuki est le nom japonais traditionnel désignant le sixième mois de l’ancien calendrier. À Kyoto, le 30 juin, exactement à mi-parcours de l’année, les sanctuaires célèbrent un rite shinto appelé Nagoshi no Harae. Il vise à purifier les fautes et les souillures des six premiers mois et à prier pour passer les six mois restants en bonne santé et sans malheur.
Le wagashi consommé à cette occasion porte lui aussi le nom de Minazuki. Il s’agit d’une pâtisserie triangulaire composée d’une pâte blanche d’uirō garnie de haricots azuki. Ceux-ci sont censés éloigner les démons, tandis que la forme triangulaire représente la glace qui chasse la chaleur.

Atelier de confection de wagashi
Le pâtissier traditionnel Kyōgashishō Kanshundō, à Kyoto, organise des ateliers permettant de confectionner soi-même des wagashi qui expriment le passage des quatre saisons par leurs couleurs, leurs motifs et leurs saveurs. Les participants apprennent directement auprès d’un artisan et utilisent les mêmes ustensiles que les professionnels. C’est l’occasion de découvrir la difficulté de leur confection et la signification qu’ils renferment.
Kyōgashishō Kanshundō
Kyōgashishō Kanshundō est une maison historique qui confectionne des wagashi à Kyoto depuis la fin de l’époque d’Edo. Grâce à des ingrédients et une eau de qualité, ainsi qu’à un calendrier naturel riche, Kyoto réunit toutes les conditions nécessaires à leur épanouissement. Chaque génération de propriétaires y a créé de nombreuses pâtisseries rares et les a transmises à la postérité. Kanshundō possède actuellement trois boutiques dans la ville de Kyoto.
Boutique principale de Kanshundō
Depuis la gare Keihan Shichijō, sortir par la sortie 5 ou 6, puis marcher 3 minutes vers le nord le long de la rue Kawabata pour rejoindre la boutique principale.
Située le long de la rue Kawabata, elle est très facile à trouver.

- Code postal
- 605-0991
- Adresse
- 292-2 Kamihoritsume-chō, Higashiyama-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto Google Maps
- Numéro de téléphone
- 075-561-4019
Boutique Est de Kanshundō
La boutique Est se trouve à environ 4 minutes à pied de la boutique principale, le long de la rue Shōmen. Elle est située devant le sanctuaire Toyokuni.

- Code postal
- 605-0931
- Adresse
- 511-1 Chaya-chō, Yamato Ōji-dōri Shōmen-sagaru, Higashiyama-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto (devant le sanctuaire Toyokuni) Google Maps
- Téléphone
- 075-561-1318
Boutique Sagano de Kanshundō
La boutique Sagano se trouve à moins de 10 minutes à pied du temple Daikaku-ji et d’Arashiyama. Elle est facilement accessible lors d’une promenade dans les quartiers d’Arashiyama et de Sagano.
- Code postal
- 616-8422
- Adresse
- 1-1 Saga Shakadō Daimon-chō, Ukyō-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto (devant le Seiryō-ji, Saga Shakadō) Google Maps
- Téléphone
- 075-861-5488
Les boutiques Est et Sagano disposent d’un salon de thé proposant des formules avec matcha et pâtisseries saisonnières, et organisent également des ateliers. Ceux-ci permettent d’apprendre directement auprès d’un artisan à confectionner des wagashi.
Apprendre directement auprès d’un artisan
Cette fois-ci, l’expérience s’est déroulée dans l’atelier de la boutique Est. Il permet de réaliser une sorte de higashi et trois sortes de jōnamagashi. Après l’atelier, les participants dégustent un matcha accompagné d’un jōnamagashi fraîchement préparé. Cette activité est très populaire.
Comme il s’agit de wagashi, les motifs confectionnés changent selon la saison, tous les mois.
Au printemps : fleurs de colza, cerisiers, bouscarle chanteuse, etc.
En été : iris, œillets, ipomées, etc.
En automne : chrysanthèmes, feuilles d’érable, ginkgo, etc.
En hiver : fleurs de prunier, camélias sasanqua, aiguilles de pin, camélias, etc.
Les méthodes de confection différant légèrement, l’envie de revenir chaque mois se fait sentir.
Cette expérience a eu lieu en juin.
Atelier de wagashi à Kyoto, formule générale dans la boutique Est
- Jours
- Tous les jours (fermé le 1er janvier)
- Horaires
-
4 séances par jour : de 9 h 15 à 10 h 30, de 11 h 00 à 12 h 15, de 13 h 15 à 14 h 30 et de 15 h 00 à 16 h 15
En raison des préparatifs, notamment le lavage des mains, il est recommandé d’arriver 10 minutes avant le début. - Durée
- Environ 1 h 15. La durée peut varier selon le nombre de participants.
- Tarif
- 3 700 yens, taxes comprises
- Réservation
-
https://www.kanshundo.co.jp/wagashiform/
Il est recommandé de réserver environ 2 à 3 jours à l’avance.
Pour une réservation le jour même, contacter directement la boutique.
D’autres personnes participent également à l’atelier. Tout le monde commence en même temps : la ponctualité est donc impérative. - À apporter
- Rien
- Langues étrangères
- Des supports sont disponibles en anglais, en chinois et en coréen. Le préciser lors de l’inscription.
Déroulement de l’atelier de confection de wagashi
(1) Accueil
À l’arrivée dans la boutique, commencer par s’adresser au personnel pour effectuer les formalités d’accueil. Il faut ensuite attendre que les autres participants arrivent.
Selon l’heure, il est également possible d’observer les artisans confectionner des wagashi dans la boutique.

Différents moules en bois utilisés pour les higashi sont également exposés.

Ils représentent notamment des plantes, comme des fleurs, ou encore des papillons. La boutique Est en posséderait à elle seule une soixantaine de modèles.

Les pâtisseries artistiques méritent également toute l’attention. Elles sont entièrement faites de produits comestibles et pourraient même être réellement dégustées !
(2) Préparatifs au premier étage
L’atelier se déroule au premier étage. Une fois arrivé, il faut garder ses objets de valeur avec soi et déposer les autres affaires sur les étagères. Il convient ensuite de se laver soigneusement les mains au savon.

(3) Commencer par un higashi kizato
L’atelier débute par la confection d’un ayu en kizato, une variété de higashi. Le kizato est apparu durant les ères Genroku et Kyōhō. Issu de pâtisseries offertes en présent, il s’est développé à Kyoto. Comme l’indiquent les caractères japonais de son nom, qui signifient « sucre brut », sa pâte est presque entièrement composée de sucre, auquel sont ajoutées de la farine de riz gluant, une petite quantité d’eau et de la couleur. La pâte étant déjà prête, les participants l’étalent au rouleau jusqu’à obtenir un carré d’épaisseur uniforme à gauche comme à droite.

La pâte est ensuite découpée à l’aide d’un emporte-pièce en forme d’ayu. La partie bleu clair représente le dos et la partie blanche le ventre.

La forme est parfaitement découpée. Après l’avoir rapportée chez soi, il suffit de la laisser sécher environ 3 jours pour que l’eau s’évapore et que la pâtisserie soit terminée.

Les restes de pâte entourant la forme de l’ayu peuvent être dégustés sur place. Il faut bien se souvenir de leur texture tendre. Après 3 jours de séchage, l’ayu aura perdu son humidité et sera devenu très dur. Une fois chez soi, il sera possible d’apprécier la différence de texture.
À d’autres saisons, l’atelier de kizato permet de réaliser des iris, des feuilles de lierre, des campanules, des narcisses, des feuilles de ginkgo ou encore des feuilles d’érable.
(4) Confection d’un jōnamagashi en uirō
Vient ensuite la confection d’un uirō représentant un fruit de bibacier. Uirō et uirō désignent ici la même pâtisserie, dont le nom peut aussi s’écrire avec les caractères 外郎. Sa pâte est préparée en pétrissant avec de l’eau du sucre, de la farine de riz gluant, de la farine de riz et d’autres ingrédients, puis en la colorant et en la faisant cuire à la vapeur pendant environ 50 minutes. La pâte étant déjà prête, l’atelier commence par son étalement. Cette confection permet de s’essayer à la technique appelée nakabokashi.

L’uirō collant très facilement aux mains, une toute petite quantité d’huile de soja est appliquée sur le bout des doigts, puis répartie sur toute la paume. L’uirō orange est ensuite légèrement étiré. Une fois étalé, un creux est formé avec le doigt, un peu à l’extérieur du centre. De l’uirō vert y est placé et incorporé, puis la pâte est étalée avec la base de la paume jusqu’à atteindre environ la taille de la main.

Du shiro-an est ensuite placé au centre, puis enveloppé dans la pâte en lui donnant une forme d’œuf.

Une fois la pâtisserie retournée, l’uirō vert semble légèrement transparaître.

Il s’agit de la technique de confection des wagashi appelée nakabokashi. Le résultat ressemble à s’y méprendre à un véritable fruit de bibacier. Il suffit de le faire rouler dans la paume pour ajuster sa forme, puis d’enfoncer un doigt dans la partie en nakabokashi pour terminer.

À d’autres saisons, l’atelier d’uirō permet de réaliser des komori, des adonis, des fleurs de prunier ou encore des physalis.
(5) Confection d’un jōnamagashi nerikiri
L’étape suivante consiste à préparer un nerikiri représentant une fleur d’œillet. Le nerikiri se caractérise par sa pâte d’an visqueuse, cuite avec de la farine de riz gluant servant de liant. Il s’agirait de la pâte la plus utilisée pour les jōnamagashi. Les nerikiri peuvent être façonnés dans des moules en bois, mais Kanshundō emploie des méthodes traditionnelles, en les pressant dans un linge ou en les modelant à la spatule. La technique du nakabokashi est également utilisée pour ce nerikiri.

Commencer par pétrir l’an rose du bout des doigts pour l’assouplir.

Le diviser ensuite en une grande et une petite portion, sans avoir besoin d’une grande précision. Pétrir également l’an rouge du bout des doigts afin de l’assouplir.
Étaler ensuite la plus grande portion d’an rose jusqu’à la taille de la paume.

Former un creux au centre avec la pulpe du doigt et y placer l’an rouge.


Recouvrir ensuite avec la petite portion d’an rose.

Retourner la préparation, puis creuser délicatement avec le doigt près du centre où se trouve l’an rouge. Celui-ci apparaît alors à la surface. C’est la technique du nakabokashi appliquée au nerikiri.


Étaler à nouveau la pâte jusqu’à la taille de la paume, puis envelopper le koshian. Il paraît que cette étape d’enveloppement est la toute première que les artisans apprennent à maîtriser.


Une fois le koshian enveloppé, faire rouler la préparation dans la paume pour lui donner une forme ronde.
Le façonnage peut alors commencer. Poser d’abord le doigt sur le côté pour former des creux et créer la base qui représentera les pétales. L’essentiel est de placer le doigt perpendiculairement à la pâte d’an.

Le nakabokashi s’est révélé plus difficile que prévu, tout comme la création d’une base aux pétales réguliers. Le résultat diffère donc un peu de l’effet imaginé, mais il a tout de même pris la forme de pétales.

Marquer ensuite le centre à l’aide d’une pique en bambou.

Poser un ustensile de confection des wagashi appelé spatule triangulaire sur chacun des creux, puis tracer une rainure en direction du repère central.

L’astuce consiste à utiliser la spatule triangulaire en la rabattant. L’artisan a également expliqué comment la tenir.
Il faut ensuite employer cette spatule pour dessiner sur chaque pétale les dentelures caractéristiques de l’œillet.

La dernière étape consiste à créer le pistil. Pour cela, un tamis en crin de cheval est utilisé. De l’an jaune est placé dessus, puis fermement pressé du bout des doigts : la pâte ressort alors du tamis sous une forme ressemblant véritablement à un pistil.


Il suffit enfin de déposer délicatement le pistil sur la fleur à l’aide de baguettes.

À d’autres saisons, l’atelier de nerikiri permet de réaliser des pivoines, des campanules, des fleurs de prunier, des camélias sasanqua, des chrysanthèmes sauvages ou encore des feuilles d’érable.
(6) Confection d’un jōnamagashi kinton
La dernière confection est celle d’un kinton. Son nom peut également s’écrire avec les caractères signifiant « amas d’or », et il compte parmi les pâtisseries indispensables de la catégorie des jōnamagashi. Cette fois-ci, il s’agit de réaliser un hortensia à l’aide de yōkan vert et violet.

Ce yōkan serait préparé en faisant cuire ensemble de l’an et de l’agar-agar. Il est passé dans un tamis spécial pour kinton, fabriqué en rotin, une plante grimpante.
Le yōkan vert et violet est posé sur ce tamis, puis pressé par-dessus avec la base de la paume.

L’exercice est difficile si la base de la paume n’est pas bien utilisée, car le yōkan s’écoule alors dans son creux. En le pressant à travers le tamis à kinton, l’an ressort sous forme de fins filaments.

Ces filaments sont ensuite déposés sur une boule de tsubuan. Il faut les appliquer délicatement et avec légèreté afin de ne pas les écraser. L’important est de recouvrir entièrement le tsubuan, sur le dessus comme sur les côtés.

Pour terminer, environ quatre grains d’agar-agar représentant des gouttes de pluie sur l’hortensia sont ajoutés.

À d’autres saisons, l’atelier de kinton permet de réaliser des azalées ou encore des ardisies du Japon.
(7) Dégustation du matcha et du kinton
La confection de tous les wagashi est désormais terminée.

L’atelier a permis de réaliser différents types de pâtisseries, des higashi aux jōnamagashi. Confectionner des wagashi non seulement savoureux, mais aussi éclatants et beaux, s’est révélé difficile et a rappelé toute l’importance du savoir-faire artisanal.
Il est possible de déguster sur place un matcha accompagné du kinton confectionné en dernier.

Les wagashi se dégustent avec un petit pic appelé kuromoji. Il est taillé dans le bois de l’arbuste du même nom et dégage un agréable parfum d’agrume lorsqu’il est frotté à la main. Il sert à couper ou à piquer les wagashi. Il peut être lavé et réutilisé plusieurs fois. Après la dégustation, il est donc possible de le rapporter chez soi pour manger les wagashi restants.
Le kinton fraîchement préparé était délicieux. La douceur raffinée et modérée de l’an se diffusait dans la bouche. Toutefois, les filaments, appliqués trop délicatement, se détachaient et tombaient. Cela n’arrive pas avec les kinton habituellement achetés. Bien qu’ils doivent être déposés avec douceur, le savoir-faire des artisans leur permet de les fixer solidement à la boule d’an située à l’intérieur. Cette technique propre aux wagashi préserve à la fois leur apparence éclatante, reflet des quatre saisons, et leurs saveurs.
Une pause au salon de thé
Les boutiques Est et Sagano disposent également d’un salon de thé. Elles proposent notamment une formule matcha avec jōnamagashi, thé matcha léger et higashi, ainsi qu’une formule composée de warabimochi frais et de matcha. De nombreux plats sont proposés uniquement à certaines saisons ou dans certaines boutiques.
Acheter des souvenirs
Acheter des wagashi comme souvenirs de voyage est également une excellente idée.

De nombreux namagashi doivent être consommés le jour même, mais beaucoup d’autres wagashi se conservent plus longtemps. Les higashi, dont l’ingrédient principal est le sucre, se gardent notamment environ 2 mois. Ils sont proposés dans une grande variété de formes et de couleurs, représentant par exemple des fleurs, des ondulations à la surface de l’eau ou des poissons. Leur apparence éclatante en fait des souvenirs qui feront assurément plaisir.


Kanshundō proposerait en outre environ 1 000 sortes de wagashi au fil des quatre saisons. De quoi donner envie d’y revenir à chaque saison.
Le Daibutsu Mochi est particulièrement recommandé dans la boutique principale et la boutique Est.

Le temple Hōkō-ji, situé près de la boutique principale et de la boutique Est, abritait autrefois une grande statue bouddhique appelée le Grand Bouddha de Kyoto. Le Miyako Meisho Zue, un ouvrage géographique sur Kyoto publié en 1780, présente le Daibutsu Mochi vendu près du Hōkō-ji.

Le Daibutsu Mochi aurait été un wagashi sucré composé d’an enveloppé dans un mochi tendre. Les visiteurs venus voir le Grand Bouddha l’auraient dégusté comme en-cas ou acheté comme souvenir. Le Miyako Meisho Zue représente également l’animation devant la boutique et les clients achetant des Daibutsu Mochi, ce qui témoigne de sa popularité en tant que pâtisserie vendue aux abords du temple.
Le Daibutsu Mochi a disparu pendant un temps, mais Kanshundō a recréé cette pâtisserie mythique. Fidèle à la méthode de fabrication d’autrefois, il s’agit d’un mochi pilé au maillet dans un mortier et garni d’an de qualité supérieure.
Conclusion
Les wagashi ne se contentent pas d’être sucrés et délicieux. La richesse de leurs motifs semble être une forme d’expression née précisément au Japon, où la nature change profondément à chaque saison. L’art de représenter avec délicatesse les cerisiers en fleurs, les feuilles d’automne ou les paysages enneigés dans une minuscule pâtisserie n’est-il pas animé par la sensibilité des Japonais, qui chérissent le passage des saisons ? Les wagashi permettent de ressentir l’arrivée de chaque saison et la beauté de la culture japonaise. Au moment de les déguster, leur contexte et l’histoire qu’ils renferment méritent eux aussi toute l’attention.
Auteur
Présentateur indépendant
Motomura Sayaka
Principalement consacré à la culture traditionnelle, aux arts du spectacle et à l’histoire
